
Alors que les critiques enflent à son égard à La Réunion, le gouvernement a décidé samedi d'envoyer 400 militaires supplémentaires sur l'île pour renforcer la campagne de démoustication et endiguer l'épidémie de chikungunya. Dominique de Villepin réunissait ce samedi à Matignon les ministres de la Santé Xavier Bertrand et de l'Outre-mer François Baroin pour faire le point sur l'épidémie. Les 400 hommes en renfort se trouvent déjà sur place, a précisé le ministre de la Santé qui a ajouté qu'il se rendrait "d'ici lundi" sur l'île. Actuellement, plus de 1500 personnes participent déjà à la lutte contre la propagation de la maladie, avait indiqué jeudi au Sénat François Baroin.
Xavier Bertrand a estimé qu'il y aurait "environ 5000 nouveau cas par semaine" de chikungunya, expliquant qu'il s'agissait d' "un tout nouveau pic". Il n'a pas exclu "encore une accélération de l'épidémie", insistant sur la nécessité d'anticiper son évolution. Lors de son déplacement à la Réunion, le ministre de la Santé sera accompagné de "plusieurs dizaines de professionnels de santé", avec "du matériel supplémentaire - notamment dans le domaine de la néo-natologie - pour renforcer la prise en charge des malades, notamment dans les hôpitaux".
Le nombre de malades depuis le début de l'épidémie est évalué à plus de 22 000. Le gouvernement va "saisir l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de façon à avoir les informations les plus précises possible, les plus globales possible", a poursuivi M. Bertrand Dès son retour, M. de Villepin réunira les ministres concernés "pour arrêter un plan global et interministériel dans les domaines de la prise en charge des malades, de la démoustication et de la recherche dans les îles de la Réunion et de Mayotte", ajoute le communiqué des services du Premier ministre.
"Celui qui marche courbé" |
Apparue en mars 2005 à la Réunion, l'épidémie de chikungunya est propagée par les moustiques. La maladie n'est pas mortelle mais il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux. Elle se traduit par une forte fièvre (plus de 39°C), des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations, obligeant le malade à se déplacer courbé, d'où le nom chikungunya, "celui qui marche courbé" en swahili.
(Image LCI : Xavier Bertrand, à Matignon, samedi)
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