
Après une odyssée de sept ans dans l'espace, la sonde spatiale américaine Stardust a livré dimanche à l'aube dans le désert de l'Utah sa précieuse cargaison de poussières cosmiques dans laquelle les chercheurs espèrent pouvoir percer le secret des origines du système solaire. "Elle est absolument en excellente condition", a indiqué Joe Vellinga, responsable du projet pour la firme aéronautique Lockheed Martin, lors d'une conférence de presse donnée au centre de test militaire de Dugway (Utah) où la capsule a été transportée après son atterrisage.
La capsule de 46 kg - dont la moisson céleste peut tenir dans une cuillère à café - s'est posée dimanche à 11H12, heure française, sur une base militaire de l'ouest des Etats-Unis après un parcours de 4,63 milliards de kilomètres. Le retour sur la Terre s'est déroulé comme prévu: Stardust a largué la capsule à environ 110.000 kilomètres de la Terre, avant d'allumer ses moteurs pour aller se placer pour toujours en orbite autour du Soleil. Quatre heures plus tard, à 10H57, heure française, la capsule a atteint la première couche de l'atmosphère terrestre, au-dessus du Pacifique, plongeant à 46.435 km/heure, une vitesse record de rentrée atmosphérique pour un objet de fabrication humaine. Deux parachutes ont été déployés pour freiner la chute, à 32 km d'altitude puis à 10.000 mètres, permettant à la petite capsule de se poser en douceur. La capsule devait ensuite être transportée au Centre Spatial Johnson à Houston (Texas).
Mieux comprendre la formation des planètes et du système solaire
Lancée en 1999, la sonde de 385 kg a rencontré la comète Wild 2, près de Jupiter, le 2 janvier 2004, après une double révolution autour du Soleil. S'approchant à 240 km, Stardust a utilisé un collecteur en forme de raquette doté d'une centaine de petits casiers, sorte de bac à glaçons fait en aerogel, le plus léger des matériaux connus, afin de capturer les particules cométaires voyageant à très grande vitesse et ce sans les endommager. Stardust a également pris 72 photos de Wild 2, montrant de grands rochers en surface, des cratères et une vingtaine de "geysers" crachant des gaz et de la poussière. Il s'agit de la première mission robotique pour recueillir au-delà de la Lune des particules datant d'avant la naissance du système solaire, voilà 4,5 milliards d'années, et depuis l'aventure Apollo 17 qui avait permis aux astronautes de ramener des pierres de Lune, en 1972.
"Les informations tant chimiques que physiques détenues dans les particules des comètes pourraient révéler l'histoire de la formation des planètes ainsi que des matériaux les composant", selon Don Brownlee, responsable scientifique de ce projet. La communauté scientifique internationale est dores et déjà largement mobilisée pour exploiter cette moisson céleste : quelque 25 institutions scientifiques dans le monde vont ainsi tenter de percer les secrets des minuscules particules collectées dans la queue de la comète Wild 2. Un millier de grains collectés par Stardust, dont les plus gros sont invisibles à l'oeil nu, devraient être exploitables par les scientifiques, car d'une taille supérieure à 10 microns. Ces échantillons devraient faire progresser la connaissance des zones lointaines du système solaire. En les étudiant, on devrait mieux comprendre le phénomène d'agglomération de millions de petits corps célestes qui a donné naissance aux diverses planètes du système solaire, espèrent les scientifiques.
Photo d'ouverture : la récupération de Stardust, dimanche, dans le désert de l'Utah - Nasa
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