Il y a vingt ans, Challenger explosait en plein vol

le 28 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 28 janvier 2006 à 16h16

Le 28 janvier 1986, 73 secondes après son décollage, la navette spatiale Challenger explose en vol. Retour sur le premier traumatisme du programme spatial américain.

challenger 1986 explosion © INTERNE

"10,9,8,7,6, allumage des moteurs principaux, 4,3,2,1 et décollage de la 25e mission de la navette spatiale". Le 28 janvier 1986, à 11h38 locales, le commentateur de la Nasa Steve Nesbitt annonce le lancement de la navette spatiale Challenger. "C'est bon, on est parti", répond le pilote Michael Smith. 73 secondes plus tard, l'engin explose en plein ciel. Le programme spatial américain vient de vivre sa première catastrophe majeure. Une cérémonie en hommage aux sept astronautes décédés dans l'accident se déroule samedi au centre spatial Kennedy, en Floride.

En 1986, l'émotion suscitée par le drame est intense, d'autant que se trouvait à bord une Américaine ordinaire : Christa McAuliffe, 37 ans, était professeur d'Anglais et d'Histoire américaine dans un lycée en Pennsylvanie. Mariée, cette mère de deux jeunes enfants, avait été sélectionnée par la Nasa "pour être la première enseignante de l'espace". Ebranlé, le président Ronald Reagan annule son discours annuel sur l'état de l'Union qu'il devait prononcer dans la soirée devant le Congrès.

La navette en sursis

Tout paraît pourtant normal dans les premiers moments du vol, le 25e d'une navette depuis avril 1981. Mais à 64 secondes, un éclair se produit entre l'orbiteur et le réservoir central. Neuf secondes après, à 14.000 mètres d'altitude, Challenger se volatilise dans un gigantesque embrasement d'hydrogène et d'oxygène liquide. Les deux fusées d'appoint poursuivent un moment leur ascension laissant deux traînées de flammes et de fumée formant un immense V. Après un moment d'hésitation, le commentateur de la Nasa déclare la perte de contact entre le centre de contrôle et la navette. Silence de 40 secondes puis il confirme, la voix grave, l'explosion de Challenger.

La commission présidentielle d'enquête conclut que l'accident a été provoqué par un joint défectueux d'une des deux fusées à poudre d'appoint. De nombreuses modifications sont alors apportées à la navette mais la crédibilité de l'agence spatiale américaine est à nouveau mise en cause le 1er février 2003 : la navette Columbia se désintègre lors de sa rentrée dans l'atmosphère, tuant les sept membres d'équipage. L'accident a été provoqué peu après le décollage : un morceau d'isolant se détache du réservoir externe et perce la protection thermique de la bordure de l'aile gauche de l'orbiteur.

Malgré une dizaine de modifications recommandées par les enquêteurs à un coût de 1,5 milliard de dollars, la navette Discovery perd un grand bout de mousse isolante lors de son lancement fin juillet 2005, le premier d'une navette depuis la perte de Columbia. La Nasa cloue de nouveau au sol ses trois navettes restantes jusqu'à au moins mai 2006. Tirant les conclusions des limites et du coût de la navette, le président George W. Bush a annoncé en 2005 sa mise à la retraite en 2010, après l'achèvement de l'ISS qui nécessitera 17 autres missions. Son successeur, le véhicule d'exploration avec équipage (CEV), en partie dérivé de la navette, doit voler dès 2012 et ramener des astronautes sur la Lune en 2018.

D'après AFP


le 28 janvier 2006 à 07:00
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4 Commentaires

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  • Art, le 29/01/2006 à 20h57

    Je suis un grand admirateur de la Nasa. Je trouve bete cependant qu'une part du danger d'un voyage spatial soit encore due aux impératifs de calendrier ou de budget .Dommage pour un organisme dont le nom résonne comme une référence meme dans les films de science fiction.

  • Gilles, le 29/01/2006 à 18h20

    Petite rectification : c'est (hélas) le 2ème traumatisme. Le 1er a eu lieu lors de l'incendie et de la mort de 3 astronautes dans leur capsule Appolo en 1967.

  • Seb, le 28/01/2006 à 19h31

    La navette est à l'aérospatiale ce que la formule 1 est à l'automobile : on est à la limite de ce que l'on sait faire aujourd'hui, et le risque de panne est élevée. 2 navettes ont été perdues sur près de 115 vols. Des explications et des vidéos des accidents des deux navettes se trouvent à l'adresse suivante : http://www.1001crash.com/index-page-video-lg-1-tc-6.html

  • VALLEZ PIERRE MARIE, le 28/01/2006 à 07h50

    Il est certain qu'il faut vivre "avec son temps", nous ne sommes plus à l'ère des cavernes et le progrès dans certains domaines est indéniable, néanmoins si la sagesse de l'homme était plus grande bien des malheurs seraient évités, il faut savoir s'arrêter à temps - dans le domaine de l'espace comme dans les autres.... que nous donnerons les recherches sur le clonage dans 20 ou 30 ans par exemple!!!

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