
Les experts allemands ont indiqué mercredi matin qu'ils "partaient du principe" que la maladie dont est mort le chat sur l'île allemande de Rügen "ne peut être que de la forme asiatique" du virus H5N1, la plus virulente. Des résultats d'analyses étaient attendus dans la matinée. Selon les spécialistes, cette première contamination d'un mammifère en Europe ne serait pas une surprise. En 2004, la mort de plusieurs chats et d'une panthère en Asie avaient été imputée à la maladie et, "ces dernières semaines, un nombre relativement élevé de chats morts a été constaté en Irak".
Le félin, un chat errant sans collier, a été découvert mardi à proximité de la baie de Wittow sur l'île de Rügen, dans le nord-est de l'Allemagne. Les autorités locales supposent que l'animal n'a pas été en contact avec des personnes et a été contaminé en mangeant des oiseaux infectés par le virus. Elles ont appelé les habitants de la région de Wittow possédant des chats à les laisser enfermés chez eux. La cellule de crise allemande sur la grippe aviaire doit se réunir dans la journée pour réfléchir aux mesures à prendre concernant les animaux domestiques.
Nouvelles craintes en France
Le virus "peut éventuellement infecter d'autres espèces animales", précise le site Internet interministériel français consacré à la grippe aviaire. Et de citer "le porc, des mammifères aquatiques (phoque, baleine) et terrestres (cheval, vison) et de manière beaucoup plus rare, avec des circonstances particulières : les félidés, les mustélidés (furet, hermine...)". Peuvent également être contaminés "tous les animaux de laboratoire (souris, rat, furet, cobaye, voire lapin), sous certaines conditions", ajoute le site, "sans compter une infection possible du chien par un sous type H3N8". L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a considéré mercredi comme minime le risque de transmission du chat à l'homme de la forme la plus virulente de la grippe aviaire mais ne peut pas exclure cette possibilité dans l'état actuel des connaissances.
En France, le ministère de l'Agriculture a annoncé mardi soir la découverte d'un 16e cygne porteur du virus H5N1 dans la région de la Dombes sur la commune de Monthieux (Ain). Par ailleurs, les tests effectués après la mort de dindonneaux dans un élevage du Pas-de-Calais ont "écarté toute suspicion d'influenza aviaire", a annoncé mercredi la préfecture du Pas-de-Calais. La préfecture avait indiqué mardi que l'étalement dans le temps, sur une quinzaine de jours, de la mort des dindonneaux dans cet élevage entièrement confiné de 15.000 dindes, ne faisait pas de la grippe aviaire le suspect principal. Les causes de ces décès n'ont pas été communiquées. Jusqu'à présent, un seul élevage français - et européen - a été touché par la maladie, un élevage de dindes dans l'Ain. Les premiers cas français, chez des animaux sauvages, avaient été découverts il y a dix jours sur des canards, également dans l'Ain.
"Un seul pays défaillant..."
L'épizootie continue de progresser dans le monde : une "forme agressive" du virus a été décelée en Suède chez deux canards sauvages, selon la Direction de l'agriculture suédoise qui n'était pas encore en mesure d'indiquer s'il s'agit du H5N1. Le virus de la grippe aviaire a atteint un 5e Land allemand (sur 16), la Bavière, où deux cas ont été détectés sur des oiseaux sauvages au bord du lac de Constance à la frontière autrichienne. Les autorités éthiopiennes ont indiqué pour leur part que des poulets, morts récemment dans le sud du pays, ont succombé à la maladie.
Réunis dans le cadre d'une "réunion d'urgence" à Paris, les experts vétérinaires de 50 pays européens ont insisté mardi sur la nécessité d'aider les pays pauvres à se protéger pour lutter contre une contamination généralisée. "Un seul pays défaillant mettrait en danger le reste de la planète", a souligné le Dr Bernard Vallat, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale. Les pays situés aux marges de l'Europe touchés par le virus H5N1 doivent être considérés comme un bouclier et aidés pour confiner les volailles malades, les détruire et procéder à la désinfection des élevages, ont affirmé les responsables de l'organisation.
D'après AFP
photo : archives
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