
![]() |
| Cliquez ici pour accéder à notre dossier |
"Depuis la mi-décembre, nous sommes en croissance exponentielle, c'est-à-dire que d'une semaine sur l'autre, le nombre de cas croît de manière considérable", a indiqué le Dr Philippe Renault, médecin épidémiologiste à la Cellule interrégionale épidémiologique de la Réunion et de Mayotte (Cire). "Actuellement, lors de la 4e semaine de janvier, nous estimons que nous sommes aux environs de 15.000 cas avec le nouveau dispositif de surveillance", a-t-il ajouté, en référence au "système sentinelle basé sur un réseau de médecins répartis dans l'île", compte tenu du temps nécessaire pour confirmer biologiquement les cas de contamination. "Nous sommes actuellement à 15.000 cas par semaine, ce qui nous donne un total sur l'ensemble de l'épidémie d'environ 50.000 cas, dont 45.000 depuis la mi-décembre", a-t-il ajouté.
200.000 maisons à traiter
Le précédent bilan, fourni le 27 janvier par l'institut de veille sanitaire (InVS), tablait sur 30.000 cas depuis février 2005, dont plus de 5.000 nouveaux dans la deuxième semaine de janvier. En revanche, aucun décès n'a pu être imputé directement au chikungunya, et le nombre de cas graves recensés s'établissait toujours à 22, a souligné le Dr Renault. "Nous sommes à la date d'hier (mercredi) soir à 20 décès qui sont rapportés avec une cause mentionnant le chikungunya", a-t-il indiqué. "Il y a un cas sur les 20 qui fait l'objet d'une vérification en médecine légale", a-t-il précisé. "Il s'agit de décès dans lesquels le chikungunya n'est pas la cause principale du décès, c'est-à-dire qu'on ne peut pas imputer ce décès à l'action du virus lui-même, mais plutôt à la déstabilisation d'un état pathologique antérieur lié à l'infection qui s'y surajoute, et surtout beaucoup de personnes âgées", a expliqué le Dr Renault.
Le préfet a pour sa part exposé le dispositif de lutte contre les moustiques, réparti en brigades spéciales de militaires, brigades zonales du Conseil régional et du Conseil général, et brigades communales. "Au 5 février, ce seront 800 hommes, notamment avec l'ajout des 400 qui ont été mobilisés par le Premier ministre, qui au terme de leur équipement et de leur formation, sont donc opérationnels", a-t-il indiqué. "Nous devrions être à 1.500 hommes à mi-février", a-t-il poursuivi. "L'objectif global est de traiter de l'ordre de 200.000 maisons", a-t-il affirmé, en indiquant que 1.000 maisons peuvent être traitées "en deux semaines".
Le chikungunya, ou virus de "l'homme courbé" en swahili, n'est pas mortel, mais il n'existe ni vaccin, ni traitement préventif médicamenteux. La maladie se traduit par une forte fièvre (plus de 39°C), des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations.
(1) au dernier recensement de 1999 (Insee)
photo : TF1
Retour MYTF1

Chargement en cours...




