
La progression de l'épidémie de chikungunya s'accélère à La Réunion. Vingt mille nouveaux cas ont été recensés en une semaine dans l'île, ce qui porte le bilan total à 70.000 cas depuis le début de l'épidémie au printemps 2005, a annoncé mercredi le ministre de l'Outre-mer François Baroin. Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse à son ministère, aux côtés de ses collègues à la Santé Xavier Bertrand et au Tourisme Léon Bertrand. En janvier, les autorités sanitaires estimaient la hausse du nombre de malades à 15.000 par semaine...
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Pour amplifier la lutte, trois cents militaires vont être envoyés en renfort de la métropole dans l'île, pour participer à la lutte contre l'épidémie et aux campagnes de démoustication, a annoncé François Baroin. Ces renforts s'ajouteront aux 500 militaires déjà sur place. En tout, 3.600 personnes, tous services confondus, participent à cette campagne de lutte contre la maladie, transmise par un moustique qui sévit dans ce département d'Outre-mer.
Un plan de communication sur les moyens de se protéger
Peu avant cette conférence de presse, François Baroin avait fait une communication sur cette épidémie, en conseil des ministres. Outre les 300 militaires, 77 cadres de la sécurité civile vont être dépêchés dans l'île, avait-il précisé. "Le plan de démoustication comprend une double intervention systématique dans l'intégralité des 200 000 foyers concernés de l'île", selon le communiqué du conseil. "Un nouveau plan de communication prévoit la diffusion jusqu'au 31 mars d'une première série de messages dans tous les médias sur la maladie et les moyens individuels de se protéger et de lutter contre le moustique". Par ailleurs, en ce qui concerne l'accueil médical, "65 lits supplémentaires ont été ouverts et 100 autres le seront si les besoins le justifient. 20 médecins et 30 infirmières de métropole interviennent, par rotation, en renfort".
Pour sa part, la fédération socialiste de la Réunion a demandé au gouvernement une distribution massive et gratuite à l'ensemble de la population de produits corporels anti-moustiques afin de "briser la chaîne de l'épidémie". Dans une lettre datée de mardi, adressée à Dominique de Villepin, le premier secrétaire fédéral du PS, Gilbert Annette, constate que "la stratégie adoptée jusqu'à ce jour s'est focalisée sur la lutte contre le moustique vecteur de la maladie et a relégué au second plan la protection et la prévention des personnes". Observant que le virus "est contagieux pendant sept jours", il indique qu'il "suffirait d'une protection massive et gratuite des 750.000 Réunionnais pendant ce laps de temps pour neutraliser le virus et briser la chaîne de transmission".
Le chikungunya, ou virus de "l'homme courbé" en swahili, n'est pas mortel, mais il n'existe ni vaccin, ni traitement préventif médicamenteux. La maladie se traduit par une forte fièvre (plus de 39°C), des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations.
Photo d'ouverture : opération de démoustication à La Réunion - DR
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