Chikungunya : le moustique présent en métropole

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND, le 23 février 2006 à 07h00 , mis à jour le 24 février 2006 à 16h00

L'Aedes albopictus, vecteur potentiel du virus de chikungunya, est présent en France métropolitaine, notamment entre Nice et Menton. La surveillance est renforcée mais le risque d'épidémie est "quasi-nul", selon un spécialiste du moustique.

Ile de la Réunion : la contamination d'un moustique très dangereux

Francis Schaffner est responsable du service Entomologie à l'Entente interdépartementale pour la démoustication (EID-Méditerranée). Il se veut rassurant sur le risque d'une épidémie de chikungunya en métropole.

Est-il vrai que l'Aedes albopictus, le moustique potentiellement vecteur du chikungunya, est présent en France métropolitaine ?

Francis Schaffner : Oui. Ce moustique a une propension à s'étendre partout dans le monde. Il est présent depuis 1990 en Italie et à Barcelone depuis deux ans. Outre les départements d'Outre-mer, une surveillance a été mise en place en métropole en 1999 sous l'égide de la direction générale de la Santé (DGS). L'Aedes voyage via le transport de pneus usagés ; on l'a retrouvé dans cinq sites d'importateurs : deux dans l'Orne, un dans la Vienne, un dans le Val d'Oise et un en Seine-et-Marne. L'Aedes peut aussi se retrouver dans les boutures de plantes comme la canne de Chine, appelée également "Lucky bambous". Il peut aussi voyager dans les véhicules. C'est ainsi que quelques spécimens ont été identifiés en Corse, dans un village de vacances, en 2002, mais il n'y a pas eu d'installation de l'espèce. En revanche, depuis 2005, il prolifère entre Nice et Menton. Pendant l'hiver, les adultes meurent tandis que les œufs sont en diapose, c'est-à-dire qu'ils survivent en se mettant en dormance. Ils écloront en mars-avril prochain.

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Quelles conditions faut-il pour que l'Aedes soit vecteur du Chikungunya ?

F. S. : Il faut que le virus soit présent, qu'il y ait des moustiques et des hôtes virémiques, animaux ou hommes. Ensuite, il faut que le moustique soit actif, c'est-à-dire adulte et femelle, qu'il pique un hôte virémique, que le virus se multiplie dans le moustique, qu'il traverse son tube digestif et se retrouve dans ses glandes salivaires et, enfin, qu'il soit réinjecté chez une autre personne. Pour qu'il y ait épidémie, il faut beaucoup de moustiques et beaucoup d'hôtes. Et la fenêtre pendant lequel une personne est un hôte virémique avant de devenir malade n'est que de quelques jours. Le risque d'épidémie en métropole est donc quasi-nul.

Avec l'épidémie de Chikungunya à La Réunion, la surveillance a-t-elle été renforcée en métropole ?

F. S. : Oui, davantage de pièges pondoirs [dans lesquels les moustiques viennent pondre, NDLR] seront installés. La démoustication en tant que telle dépend en revanche des collectivités territoriales. La première chose à faire, c'est de supprimer les petits récipients et les eaux stagnantes autour des maisons. Les services sanitaires sont alertés de toute façon mais c'est le même schéma pour le risque d'épidémie du West Nile virus ou du paludisme.

photo : archives TF1

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND le 23 février 2006 à 07:00
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13 Commentaires

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  • Marie, le 24/02/2006 à 11h58

    Anonymous étais-tu dans l'un de ces avions?...Je serais curieuse de le savoir!! Je voyage très régulièrement vers la métropole en utilisant les différentes compagnies aériennes qui desservent l'ile et la désinfection des cabines est systématique. C'est avec des commentaires comme le tien que la psychose et la polémique s'installent: très facile de ne pas citer ses sources, de se baser sur des "on-dit" et de ne pas avoir le courage de s'identifier!

  • Anonymous, le 23/02/2006 à 22h31

    Il semble bien que les autorités n'aient pas procéder à désinfection des avions en provenance de la réunion ....Quel scandale en perspective !!!

  • Rolinda, le 23/02/2006 à 20h18

    C'est beau la mondialisation : c'est une formidable machine à multiplier les problèmes de santé, concurrence économique, déstabilisations politiques, racisme, guerres de religions, chocs de civilisation. Si chacun restait chez lui, tous ces problèmes n'existeraient pas. Merci les politiques, Merci la colonisation : retour à l'envoyeur...

  • Greg, le 23/02/2006 à 15h32

    Ce serait til pas une nouvelle forme de dengue aviaire qu'on nou s cache????

  • Marie Preud'homme, le 23/02/2006 à 13h58

    Une photo aussi vraie que nature, plus un article très clair à consulter, mettre en application (concernant les recommandations d'hygiène et de prophylaxie) et garder précieusement à proximité de la pharmacie familiale. Sans vaine psychose, il va peut-être falloir aussi apprendre - ou réapprendre - à vivre avec un environnement en pleine mutation, du fait d'agressions répétées de l'homme. Calmer donc et respecter la Nature en modérant nos appétits de consommation, au nombre desquels figurent la sur-médicalisation et les campagnes intensives de vaccination !

  • Eric, le 23/02/2006 à 13h47

    Epidémies diverses, tremblements de terres, incendies géants, éruptions volcaniques.... C'est bizarre, ça correspond souvent aux périodes où on ne parle pas des mauvais aspects de la colonisation. Surement une coincidence.

  • Josette, le 23/02/2006 à 13h33

    Alors imaginez qu'on retrouve un poulet piqué au chikunguya !...

  • Jean claude, le 23/02/2006 à 13h15

    J'espère qu'il ny aura pas de censure!! A la réunion également, le risque était nul. Les politiques en étaient certains. On en voit le résulat. Il ne faut pas oublier qu'il y a déjà eu une vingtaine de cas de malades du chigungunia à Marseille...

  • Pascal, le 23/02/2006 à 11h56

    Alex => comme dit à la fin de l'article, le moustique ne resiste pas aux hivers. Par contre, il peut laisser des oeufs qui resistent aux hivers pas trop rudes (comme à Nice).

  • Claire, le 23/02/2006 à 11h47

    Qu'elles sont les mesures envisagées si ce virus étais mortel dans 50% (seulement) des cas ?

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