© INTERNELa mortalité cardiovasculaire masculine a baissé tant à Lille qu'à Toulouse entre 1997 et 2002, selon des études publiées mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Toutefois, la fréquence des infarctus du myocarde reste plus élevée dans le nord de la France que dans le sud.
Les résultats de ces travaux, menés dans le Bas-Rhin, la Haute-Garonne et la Communauté urbaine de Lille, "mettent en évidence les progrès réalisés récemment dans la prise en charge des malades en France, mais soulignent l'impérieuse nécessité de poursuivre, et même d'accélérer, les efforts de prévention primaire", souligne l'épidémiologiste Pierre Ducimetière (Inserm) dans un éditorial.
Entre 1997 et 2002, les taux d'incidence des infarctus et incidents assimilés (pour 100.000 habitants) "sont compris entre 196 à Toulouse et 276 à Lille chez les hommes, et entre 26 à Toulouse et 66 à Lille chez les femmes, témoignant toujours d'un gradient décroissant Nord-Sud", relèvent Aline Wagner (faculté de médecine de Strasbourg) et des chercheurs de l'Inserm. Les taux de mortalité masculine due aux infarctus caractérisés ou supposés s'échelonnent, selon les années, de 109 à 132/100.000 à Strasbourg, de 124 à 150/100.000 à Lille et de 73 à 100 pour 100.000 hommes à Toulouse. Chez les femmes, les taux sont également plus élevés dans le Nord (30 à 41 pour 100.000) et l'Est (24 à 34) que dans le Sud (15 à 22 à Toulouse).
Une baisse "significative" des taux de mortalité est constatée entre 1997 et 2002 chez les hommes, alors qu'ils restent stables pour les femmes, pour lesquelles la "prise en charge de la maladie coronaire apparaît moins bonne", ajoutent les chercheurs.
Habitudes de vie
Une précédente étude, baptisée Monica, avait mis en évidence des disparités régionales concernant les habitudes de vie et les facteurs de risque, rappelle notamment le Pr Ducimetière. Les "comportements de prévention cardiovasculaire et générale [étaient ainsi] plus adaptés" chez les habitants de Haute-Garonne, Dans le Bas-Rhin, surcharge pondérale, hypercholestérolémie étaient dénoncés comme facteurs de risque dans les années 90, ainsi que notamment la consommation d'alcool et de tabac dans le Nord.
Depuis 1997, grâce aux efforts de la population et du personnel médical, "certaines habitudes de vie" ont "peut-être réussi à [être améliorées]" à Lille alors que Toulouse se serait reposée sur ses lauriers, analysent les chercheurs. Malgré la hausse du taux d'incidence des infarctus, l'absence d'augmentation de la mortalité coronaire à Toulouse semble toutefois "indiquer une prise en charge plus efficace".
photo : archives LCI
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