Décès d'un enfant : pas de conclusion hâtive

le 03 février 2006 à 19h49 , mis à jour le 04 février 2006 à 13h40

Les autorités sanitaires ont annoncé le décès d'un garçon de 10 ans, qui "peut être directement lié à la maladie". 25 autres décès sont imputables indirectement au virus mais les autorités sanitaires estiment qu'aucun élément scientifique ne permet d'affirmer que le Chikungunya est devenu mortel.

Ile de la Réunion : la contamination d'un moustique très dangereux

Cliquez ici pour accéder
à notre dossier

Un enfant de dix ans, mort le 13 janvier dernier à La Réunion, a été victime du virus du chikungunya, ce qui constitue le premier décès directement lié à cette maladie, a annoncé vendredi l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH). Mais cela ne suffit pas pour "affirmer que cette maladie est devenue mortelle", selon deux hauts responsables sanitaires cités par la presse locale. "il n'y a pas la certitude scientifique qu'il soit directement à l'origine du décès", a expliqué le Pr Didier Houssin, directeur général de la santé au Quotidien de la Réunion.

26 personnes sont mortes dans l'île depuis le début de l'épidémie, mais seul le cas d'un enfant de dix ans, décédé 24 heures après son hospitalisation pour une forte fièvre, "peut être directement lié à la maladie", avait déclaré vendredi le directeur de l'ARH, Antoine Perrin. "Nous n'avons pas d'autres éléments que le chikungunya pour expliquer le décès", avait-t-il précisé, les tests biologiques effectués après sa mort et un examen par scanner n'ayant pas révélé d'autres pathologies. "Les parents de l'enfant ayant refusé une autopsie, il s'agit d'un diagnostic par défaut", a précisé le Dr Perrin.

Selon le directeur de l'ARH, les "25 autres décès sont indirectement liés à la maladie puisqu'il s'agissait de personnes ayant une pathologie grave qui a été augmentée par le chikungunya". Quand une personne a une maladie grave et qu'elle a par dessus, avec l'été austral, une déshydratation et une infection virale comme le chikungunya, cette maladie associée va provoquer des troubles qui peuvent aller jusqu'à la mort", a expliqué le Dr Perrin.

Appelant les Réunionnais à "ne pas s'alarmer", le directeur de l'ARH a souligné que "la grippe en métropole fait beaucoup plus de décès que le chikungunya quand elle touche des personnes âgées". Il a annoncé la mise en place d'un "Comité scientifique" composé de cliniciens, d'entomologistes, d'épidémiologistes pour "étudier tous les cas de décès pour lesquels, directement ou indirectement, le chikungunya est en cause". Ce comité devra déterminer "selon les critères scientifiques quels sont les éléments qui permettent ou non d'impliquer la maladie". Selon les autorités sanitaires, 50.000 personnes, soit 7% de la population de l'île, ont été contaminées par le chikungunya, dont 45.000 depuis la mi-décembre.

15 cas à l'Ile Maurice

Quinze habitants de Maurice ont été atteints par le chikungunya depuis le début 2006 et 2.000 aux Seychelles, selon le ministère mauricien de la Santé. "Une campagne tous azimuts (d'éradication des moustiques) a été lancée à travers l'île", ont indiqué vendredi les autorités mauriciennes. 

photo : TF1

le 03 février 2006 à 19:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Pitou, le 05/02/2006 à 21h23

    Sachez qu'il n'y a pas un décés mais 3 décés reconnus à 99% dûs au chikungunya, notamment dans la ville de Sainte-Suzanne (l'Est), dont un enfant de 10 ans ainsi qu'un bébé.Quant aux chiffres avancés, sachez qu'ils sont trés largement sous-estimés car donnés que par 31 médecins de l'île (il y en a largement plus)pourtant, qui avouent n'avoir pas le temps de faxer un par un les fichiers signalant les cas. Quant aux 25 personnes, ce ne sont que celles où le mot chikungunya apparaît sur le certificat de décés (c'est donc encore bien en-dessous de la vérité). Nous autres voyons notamment nos "gramouns" (séniors), dépérir et souffrir chaque jour un peu plus sous nos yeux. Que faire? Les hôpitaux sont surpeuplés et n'acceptent plus les malades (dans l'est de l'île), les envoyer ailleurs dans l'espoir qu'on calme leur douleur (morphine) et avec la crainte qu'ils nous reviennent les pieds devant? Sachez que le pire semble encore être les souffrances dûes aux rechutes, accompagnées de fièvre.Aujourd'hui on compte nos morts et nos personnes saines, plus nos chikungunyés.

  • Sophie LAURET, le 05/02/2006 à 15h02

    Bonjour Je suis assez choquée par la disparité des informations diffusées localement, et ce que je lis sur votre site internet. A la Réunion, les autorités sanitaires nous ont affirmé avoir la quasi-certitude que la mort du petit Dylan, 10 ans était liée au chickungunya. Et je ne parle pas du nouveau né ayant contracté la maladie par transmission materno-foetale, et qui est décédé, ainsi que des 26 autres cas... A ceux qui font un parallèle avec les épidémies de grippe qui sévissent chaque hiver en métropole, je n'ai qu'une chose à dire : On dispose de VACCINS contre la grippe. Nous, ici,on ne dispose de RIEN..Ah si, mais bien sûr ! De lotion à 11 € le flacon, qui ne sont, contrairement au vaccin, ni remboursées par la sécu, ni une garantie d'efficacité... En écoutant les médias nationaux, j'ai un peu l'impression que l'on nous prend pour des idiots. Pourtant, que l'on rassure nos compatriotes. Nous payons également nos impôts et sommes au même titre qu'eux, en droit d'attendre une solution de l'Etat. Je trouve inadmissible que certaines émissions, animateurs, puisse rire de nos malheurs. S'ils avaient un parent, un enfant ou un petit-enfant à la Réunion, ils réagiraient différemment. Moi, j'ai trois enfants en bas âge et j'ai très peur qu'ils l'attrappent. Et non, je ne trouve pas le nom de la maladie, très marrant.

  • Pascal, le 05/02/2006 à 01h24

    Arrêtez avec les discours sur le tourisme. Bien sur que la Reunion est une belle Ile, seulement, actuellement il est risqué de s'y rendre point barre. Et qu'on arrête de nous dire aussi que c'est risqué partout : c'est faux, c'est actuellement plus risqué à la reunion qu'ailleurs (sauf pays à pb politiques specifiques) C'est malheureux, mais c'est la verité ; pourquois faire passer les affaires avant la santé ?

  • Le porcher, le 04/02/2006 à 06h02

    Vous ne savez parlez de notre île que pour le coté négatif, chiens appâts chikungunya, etc., jamais pour les cotés positif : tolérance, absence de racisme, terre multiconfessionnelle, c’est du journalisme de racolage

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience