
Le Nigeria fait face depuis trois jours au virus H5N1 de la grippe aviaire qui, selon les autorités, se propage rapidement d'élevage en élevage dans le nord du pays, alors qu'un plan d'urgence est mis en place. Au moins 100.000 volailles sont déjà mortes dans le pays, où entre 4 et 30 fermes avicoles sont touchées. L'Etat de Kano semble le plus concerné ; mais dans l'Etat voisin de Kaduna, où l'épizootie est pourtant apparue, deux des enfants du propriétaire de la seule ferme officiellement touchée ont commencé à tousser et à cracher du sang, peu après les premiers décès d'animaux. Des tests sont menés pour voir s'ils souffrent de la forme humaine de la grippe aviaire. Des policiers et des agents de santé nigérians sont arrivés jeudi dans cette ferme, épicentre de l'épizootie, et ont abattu des autruches d'élevage qui ont été enterrées avec les quelque 45.000 volailles déjà sacrifiées.
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Alors que les laboratoires de référence de l'OIE et de la FAO ont confirmé que la souche du H5N1 prélevée au Nigeria est bien la même que celle qui a tué des dizaines de milliers de volailles en Chine, en Turquie et en Europe centrale, la communauté internationale, notamment la FAO, va soutenir les mesures d'urgence du gouvernement nigérian. Des mesures qui semblent toutefois venir un peu tard, puisque les premiers cas de décès de volailles, alors mystérieux, datent d'il y a un mois. Prenant la mesure de la menace, le gouvernement nigérian a lancé un appel pressant à l'aide internationale pour lutter contre l'épizootie. "Ce matin nous avons eu une réunion avec les agences internationales présentes au Nigeria. Nous les avons informées sur l'épizootie et leur avons indiqué le genre de besoins que nous avons", a indiqué vendredi le ministre nigérian de l'Agriculture. "Nous leur avons dit que nous avons besoin d'installations comme des laboratoires, mais aussi de vaccins et d'un soutien technique, il est aussi important de partager cette expérience avec les pays qui ont déjà été confrontés à ce problème malheureux".
Les Etats voisins interdisent les importations de volailles nigérianes
Les Etats Unis ont déjà promis 20 millions de dollars (16 millions d'euros) et un laboratoire pour aider le Nigeria. Selon le ministre nigérian de l'Agriculture, l'Union Européenne et la Chine ont aussi offert leur soutien. A Genève, l'Organisation mondiale de la Santé a également annoncé l'envoi d'une équipe de sept médecins comprenant des épidémiologistes mais aussi des spécialistes des techniques de laboratoire, qui devront notamment tenter de limiter les risques de transmission à l'homme du H5N1 qui a déjà fait 89 morts en Asie et en Europe.
"Le H5N1 se répand rapidement dans le monde. Tous les pays doivent prendre des mesures pour protéger la santé humaine contre la grippe aviaire et se préparer à une pandémie", estime l'OMS qui voit l'apparition du virus en Afrique "comme une menace pour la santé humaine". Les Etats voisins du pays le plus peuplé d'Afrique avec 130 millions d'habitants, ont déjà interdit les importations de volailles nigérianes. Le principal risque, selon les experts, reste que les fermiers, ne connaissant pas la maladie, continuent d'écouler leur poulets morts sur les marchés bondés et ne favorisent ainsi la propagation de la maladie.
| Ailleurs dans le monde, la grippe aviaire progresse |
- Azerbaïdjan : le virus H5N1 a été détecté sur des oiseaux morts trouvés sur les rives de la mer Caspienne, a annoncé vendredi le ministère azerbaïdjanais de la Santé. Aucun cas d'infection d'humains n'a été détecté, a-t-on précisé. |
Photo d'ouverture : archives
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