Grippe aviaire : la vaccination en France n'était "pas une priorité"

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND, le 22 février 2006 à 17h13 , mis à jour le 22 février 2006 à 18h14

La France et les Pays-Bas ont obtenu de Bruxelles le feu vert pour vacciner une partie de leurs élevages de volailles. Cette mesure de précaution n'était pourtant pas indispensable, selon Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé animale.

canards oiseaux grippe aviaireImage prétexte. © TF1

Pour la première fois, les experts vétérinaires de l'Union européenne ont approuvé jeudi, sous certaines conditions, les plans de vaccination préventive soumis la semaine dernière par la France et les Pays-Bas, deux des plus gros producteurs de volaille de l'UE (cliquez ici pour lire l'article). TF1.FR/LCI.FR a recueilli la réaction de Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Quels sont les avantages d'une vaccination préventive ?

Jean-Luc Angot : La protection de ces élevages particuliers que sont les élevages de canards et d'oies gavées est une mesure de précaution décidée par le gouvernement français. L'OIE considère que le recours à la vaccination est à mettre en œuvre quand la maladie est devenue endémique et quand les mesures classiques de contrôle — abattages sanitaires, contrôles des mouvements de volailles, etc — n'ont pas donné de bons résultats. C'est ce qui se passe en Afrique, un continent sinistré qui n'a pas les moyens nécessaires [pour lutter contre l'épizootie, NDLR]. D'où notre recommandation de vacciner les volailles, comme c'est le cas en Chine ou encore au Vietnam.

Dans l'Union européenne, où la réglementation vétérinaire et les services vétérinaires sont bien développés, ce qui explique d'ailleurs la détection rapide des premiers cas de grippe aviaire, la vaccination préventive ne constitue pas à notre sens une priorité. Mais nous comprenons pourquoi la France et les Pays-Bas l'ont décidé.

Et quels sont les inconvénients ?

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J.-L. A. : Il faut que la vaccination présente toutes les qualités d'innocuité et qu'elle permette de faire la distinction entre les animaux vaccinés et les animaux malades via des contrôles sérologiques. Concrètement, les services vétérinaires vont utiliser un vaccin contre le H5N2, qui présente aussi une bonne couverture immunitaire contre le H5N1. Si, lors de tests, on s'aperçoit que l'animal présente des anticorps contre le H5N1 alors qu'il a été vacciné contre le H5N2, on pourra en déduire que la maladie circule dans l'élevage et qu'elle n'est pas liée au vaccin. On utilise aussi des animaux "sentinelles" qui ne sont pas vaccinés, au sein d'un élevage qui l'est : s'ils tombent malades, c'est que le virus est présent en provenance de l'extérieur.

Autre inconvénient de la vaccination, elle peut inciter les importateurs de volailles à fermer leurs frontières. Il est toutefois possible d'exporter des volailles vaccinées mais l'exportateur doit apporter la preuve que le virus ne circule pas dans son pays.

Vacciner, c'est inoculer le virus pour que l'organisme développe des anticorps contre la maladie. Y a-t-il un risque que les volailles vaccinées transmettent la grippe aviaire ?

J.-L. A. : Non, les vaccins recommandés par l'OIE sont inactivés, c'est-à-dire que l'on a retiré la virulence du virus. Mais on sait qu'en Chine, certains foyers de grippe aviaire se sont déclarés à la suite de l'utilisation de vaccins qui ne répondaient pas aux recommandations internationales.

Peut-on consommer sans danger de la volaille qui a été vaccinée ?

J.-L. A. : Tout à fait mais après un délai de 28 jours.

Comment l'OIE perçoit la situation de l'épizootie de grippe aviaire dans le monde ?

J.-L. A. : La situation est extrêmement préoccupante depuis l'introduction du H5N1 en Afrique, où les pays auront beaucoup de mal à se débarrasser du virus. Il pourrait y avoir des répercussions sur l'alimentation des populations et un foyer permanent de grippe aviaire pourrait s'y installer. C'est pourquoi l'OIE recommande à la communauté internationale d'aider l'Afrique.


Par Propos recueillis par Matthieu DURAND le 22 février 2006 à 17:13
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4 Commentaires

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  • Mathilde, le 23/02/2006 à 20h12

    La grippe aviaire c grave on est concerné mais le virus de la réunion on s'en rend compte apres (que) 100 mort que ptetre ben qu'il faudrait faire qqe chose !!!

  • Gerard, le 23/02/2006 à 12h00

    Quand l'humanité aura compris que l'elevage intensif dégénère les espèces, on aura fait un grand pas. En ce qui concerne de manger de la viande, chacun voit midi à sa porte, mais manger un animal mort, et de surcroit malade bien que vacciné, c'est un choix personnel

  • Philippe, le 23/02/2006 à 07h50

    En vertu de quelle obligation aberrante faut-il l'autorisation de la Commission Européenne, pour simplement vacciner les animaux présents sur le territoire ? La France est de moins en moins souveraine : TVA sur la restauration, vaccination des volailles : faudra-t-il, comme à l'école primaire, toujours lever le doigt pour demander poliment l'autorisation d'aller faire pipi ?

  • ., le 22/02/2006 à 18h23

    Soit on vaccine , soit on confine , qu'est ce qui est le plus rentable pour les éleveurs.... qu'on arréte d'en parler et la confiance reviendra.

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