
Faut-il vacciner les volatiles pour lutter contre la grippe aviaire ? Les experts vétérinaires de l'Union européenne, réunis mardi à Bruxelles, planchaient sur la question. Et d'examiner plus précisément les projets français et néerlandais de vaccination, une vaccination dont l'efficacité est loin de faire l'unanimité parmi les 25.
Le ministre français de l'Agriculture, Dominique Bussereau, a indiqué lundi qu'il comptait bien obtenir ce mardi le feu vert des experts de l'UE à la vaccination de 900.000 oies et canards d'élevage programmée dans trois départements du pays.
Les experts étudiaient aussi un plan de vaccination néerlandais, qui prévoit de demander aux éleveurs des 5 millions de volailles élevées en plein air dans le pays soit de vacciner soit d'enfermer leurs animaux.
"Pas prédisposé contre les plans"
Mais Paris et La Haye pourraient ne pas avoir de réponse mardi. Philip Tod, porte-parole du commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou, a indiqué qu'une décision n'était pas certaine d'ici la fin de la journée.
L'exécutif européen, qui doit donner son avis sur la question avant de laisser la décision finale aux vétérinaires, ne cesse de rappeler que recourir à la vaccination des animaux n'est pas sans risques. Selon lui, vacciner les volailles présente notamment le risque de masquer l'apparition du virus au sein d'un élevage. Bruxelles "n'est pas prédisposé contre les plans" français et néerlandais, a assuré M. Tod. Mais il faut qu'ils remplissent "les critères" fixés par la législation européenne.
Les programmes doivent être notamment suffisamment précis sur les raisons et l'ampleur de la vaccination. Ils doivent aussi prévoir des contrôles permettant, a posteriori, de distinguer les oiseaux vaccinés d'oiseaux malades. Cette question de la vaccination divise les 25, plusieurs pays membres étant réticents à donner leur feu vert à des programmes nationaux sans une politique européenne plus générale en la matière.
Outre la vaccination, d'autres mesures devraient aussi être abordées mardi, comme la possibilité de demander à des voyageurs venant de pays tiers de remplir des déclarations pour les sensibiliser et s'assurer qu'ils ne transportent pas de produits à risques.
Dix jours après l'apparition de la maladie sur des oiseaux sauvages en Grèce, le virus H5N1 continue sa percée à travers l'Europe, selon un schéma de progression dicté par les itinéraires des oiseaux migrateurs. Outre la Grèce, le H5N1 touche l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, la Slovénie, la France et depuis mardi la Hongrie et la Croatie.
Pas lieu de s'inquiéter
Le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou se dit toujours prêt à prendre, si nécessaire, des mesures plus drastiques. Mais il a aussi répété ces derniers jours qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, et qu'il "est tout à fait sûr de consommer des produits de l'UE" puisque "les produits infectés ne passent pas dans la chaîne de consommation".
Bruxelles se veut d'autant plus rassurante que la filière avicole accuse déjà, dans plusieurs pays comme l'Italie ou la Grèce, une forte baisse des ventes. La Commission a jugé lundi qu'aucune aide communautaire n'était envisageable à ce stade, même si elle a autorisé les pays membres à octroyer des aides nationales à leurs éleveurs sous certaines conditions.
Si la maladie, limitée pour l'instant dans l'UE à des oiseaux sauvages, devait se propager, la Commission n'a pas exclu des aides communautaires à l'avenir. Mais elles devraient rester minimes au regard des 5 milliards d'euros qui avaient été dégagés sur cinq ans pour la crise de la vache folle, dont l'ampleur n'était "pas comparable", explique-t-on de source communautaire.
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