Un réchauffement politiquement incorrect à la NASA

Par Par David STRAUS, le 06 février 2006 à 11h30 , mis à jour le 06 février 2006 à 11h37

Un climatologue de l'agence spatiale américaine accuse l'administration de vouloir censurer ses prises de position sur le réchauffement climatique. Le patron de la NASA a reconnu un "problème". Les questions de climat sont devenues hautement politiques depuis Katrina.

ouragan michelle cyclone météo caraïbe (NOAA/AFP) © INTERNE

Pour l'administration Bush, la bataille contre le réchauffement climatique s'apparente parfois à une bataille contre l'hypothèse d'un réchauffement climatique. Fin janvier, des scientifiques de la NASA publient sur le site web de l'agence spatiale des données montrant que 2005 a été l'année la plus chaude à la surface du globe depuis la fin du XIXe siècle.

Quelques jours plus tard, James Hansen, directeur du principal service de climatologie de la NASA, assure au New York Times que sa direction tente de le tenir à l'écart du débat public sur l'évolution du climat. Il affirme que des informations ont été retirées du site internet. L'homme aurait eu le tort de se prononcer en faveur de la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre.

"Ouverture scientifique"

Dans un premier temps, la NASA dément mais reconnaît que des règles encadrent les prises de position publiques de tout employé. Elle ajoute que les experts n'ont pas à donner d'opinion politique. Mais vendredi dernier, acculé par les médias et le Congrès, le patron de l'agence en personne a adressé un mail aux 19.000 employés de l'agence reconnaissant le problème. Il ajoute que "ce n'est pas le travail des relations publiques d'altérer, de filtrer ou d'ajuster les données scientifiques ou techniques produites par les équipes techniques de la NASA". Il promet à l'avenir de respecter la tradition d'"ouverture scientifique" de l'agence.

Les Etats-Unis, le plus grands émetteurs de gaz à effet de serre avec la Chine, ont refusé de se joindre à toute discussion sur l'imposition de limites contraignantes à ces émissions après l'expiration du Protocole de Kyoto en 2012 - qu'ils avaient déjà refusé d'appliquer. Mais ce débat qui ne préoccupait guère l'opinion publique américaine il y a quelques mois encore est devenu hautement politique depuis le passage meurtrier de l'ouragan Katrina. Certains experts pensent que le réchauffement climatique n'est pas étranger à la plus forte intensité des cyclones.

(Image AFP : un ouragan)

Par Par David STRAUS le 06 février 2006 à 11:30
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