Alerte aux coupe-faim

le 12 mars 2006 à 14h39 , mis à jour le 12 mars 2006 à 15h23

Les autorités sanitaires recommandent aux personnes, le plus souvent des femmes, ayant pris des coupe-faim comme l'Isoméride ou le Pondéral, avant leur interdiction, et qui auraient des signes d'essoufflement, des malaises à l'effort, d'aller consulter leur médecin.

pharmacie pharmacien officine

Une révélation à vous couper l'appétit. Selon une étude française, les effets secondaires sévères connus de certains coupe-faim peuvent se manifester plus de cinq ans après la dernière prise. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) vient donc de recommander "aux patients ayant été traités par anorexigène et qui présenteraient des signes pouvant évoquer une hypertension artérielle pulmonaire (essoufflement, malaise à l'effort ou une douleur dans la poitrine), de consulter leur médecin traitant".

Une maladie "rare et grave"

Cette maladie, HAP ou HTAP "rare et grave (moins de 2 nouveaux cas par an et par million d'habitants)" est, selon l'agence, "habituellement identifiée à un stade avancé" car ses premiers symptômes sont communs à d'autres pathologies. Elle peut conduire à la greffe des poumons et à la mort. Isoméride et Pondéral ont été prescrits à des centaines de milliers de femmes en France, pour maigrir, avant leur retrait du marché mondial en 1997. Les anorexigènes ont été retirés du marché en septembre 1997 en raison d'un risque pulmonaire et cardiaque avéré, en particulier pour des durées d'utilisation dépassant 3 mois, rappelle l'Afssaps.

Prise en charge des patients expliquée aux médecins

Un courrier sera adressé "dans les prochains jours" à l'ensemble des médecins pour leur apporter une information plus détaillée sur les modalités de prise en charge des patients pour lesquels le diagnostic d'HTAP doit être évoqué, selon l'Afssaps. Parmi les médicaments en cause : Isoméride/Redux aux Etats-Unis (nom scientifique : dexfenfluramine), Dexfenfluramine Servier et Glypolix (même principe actif), les fenfluramines (Pondéral...), les produits à base d'amfépramone (Moderatan, Anorex...) et les préparations amaigrissantes, généralement des gélules, contenant des anorexigènes, faites à l'époque en pharmacie.

L'étude dirigée par les Professeurs Marc Humbert et Gérald Simonneau de l'hôpital Antoine Béclère de Clamart, mise en ligne début février par le bi-mensuel spécialisé, l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medecine, a été conduite d'octobre 2002 à octobre 2003 dans 17 CHU, sur 674 patients. Parmi eux, 64 ont pris des anorexigènes (des dérivés de fenfluramine dans 77% des cas : Isoméride, Pondéral...). Dans 43,5% des cas, les premiers symptomes de la maladie sont apparus plus de cinq ans après l'arrêt du coupe-faim et dans 32,3% des cas dans les deux à cinq ans après de la dernière prise.

le 12 mars 2006 à 14:39
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4 Commentaires

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  • Sylvio, le 14/03/2006 à 07h12

    Combien d'autres "médicaments" vont amener les mêmes problèmes? Finalement on va tous "crever" pour le bonheur de dame sécurité sociale

  • Albert, le 13/03/2006 à 14h39

    A trop jouer avec la nature on finit évidemment par obtenir ce genre de choses. Mais non, pour ne pas grossir on prend des coupes faim, pour dormir on prend aussi des médicaments, pour rester éveiller on prend du café et des vitamines, et certains finissent même par prendre du viagra. L'homme devient un vrai robot, dans un monde fait pour les robots.

  • Dégoutée, le 13/03/2006 à 10h33

    Et bien entendu, lorsque ces médicaments avaientt été mis sur le marché pour etre commercialisés, les "experts" inexperts et corrompus, avaient donné leur feu vert ?

  • Faustine, le 12/03/2006 à 16h34

    Ca ne m'étonne malheureusement pas mais ça fait froid dans le dos.

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