© INTERNEQuatre communes de la région Midi Pyrénées ont été retenues pour recevoir au total cinq ours slovènes, a annoncé la ministre de l'Ecologie Nelly Olin lundi devant la presse.
Il s'agit des communes d'Arbas (Haute-Garonne), Bagnères de Bigorre (Hautes-Pyrénées) qui recevra deux ours, Burgalays (Haute-Garonne) et Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), a-t-elle précisé, détaillant les modalités de son plan de soutien à l'ours brun. "Toutes les communes retenues ont été volontaires", a souligné la ministre. Les opérations devraient commencer au mieux à la mi-avril et se poursuivre jusqu'au début juillet.
Une évaluation sanitaire sur les plantigrades sera effectué au départ de Slovénie puis ils seront suivis en France, au moyen d'une balise et en mobilisant chasseurs, naturalistes, agents pour relever les traces de leur passage. Leur capture et leur transfert, dans une cage et en camion, sera suivi par une équipe française composée d'un biologiste, d'un vétérinaire et de trois assistants. Les sites de "lâcher" seront sélectionnés pour garantir des refuges calmes et des tanières possibles dans un rayon de 2 ou 3 km. En apportant du sang neuf, notamment des femelles actuellement déficitaires, "nous réduisons fortement les risques de consanguinité, l'une des principales menaces actuelles", a également relevé la ministre.
Espoirs des écologistes, hostilité des éleveurs
Ce plan de soutien à l'ours brun concerne cinq animaux slovènes, quatre femelles et un mâle. Ils viendraient ainsi rejoindre les 14 à 18 ours actuellement présents dans les Pyrénées, selon les estimations officielles. Il s'agit de remplacer les trois ours morts par accident, après la disparition de Canelle, tuée en 2004 par un chasseur, Melba et Claude, décédés en 1997 et 1994.
"Cette décision va dans le bon sens et est une étape importante, essentielle même, pour tendre vers une population viable d'ours dans les Pyrénées", se sont félicitées les associations écologistes réunies au sein du collectif CAP-Ours. Cette réintroduction va "permettre une dynamique de la reproduction même si le total des animaux bientôt présents dans les Pyrénées ne suffira pas au rétablissement d'une population en bon état de conservation sur l'ensemble de la chaîne", ajoute le collectif, qui "regrettent profondément qu'aucun renforcement n'ait été décidé" dans le Béarn, "une terre d'ours où les milieux naturels sont particulièrement favorables".
Pour leur part, les bergers sont majoritairement opposés à cette réintroduction et ils l'ont fait savoir lors d'une manifestation, vendredi dernier à Toulouse. Le parti Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) a demandé lundi au gouvernement de "respecter la biodiversité européenne en laissant chez eux" les ours slovènes. Le CNPT estime que "de tels lâchers d'ours sont totalement irresponsables, voire dangereux", puisque les nouveaux ours "proviennent d'une région européenne très à risque quant au virus H5N1" et que "des cas de grippe aviaire sont découverts chez des mammifères" comme les chats et les fouines.
La Slovénie compte une population de près de 500 ours, génétiquement très proches de l'ours pyrénéen.
Photo d'ouverture : une des ourses déjà envoyées dans les Pyrénées, Melba - archives
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