ARCHIVES

Les cyberpharmacies dans la ligne de mire


le 01 mars 2006 à 10h50
Temps de lecture
3min
vignette internet ecran

Crédits : INTERNE

À lire aussi
SciencesLa lutte contre le commerce illégal de médicament sur Internet n'est pas suffisamment organisée. L'Organe international de contrôle des stupéfiants alerte sur le développement de cette cybercriminalité très profitable.

L'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) appelle dans son rapport 2005 à la mise en place de législations destinées à lutter contre le développement des pharmacies illicites sur Internet. Il rappelle que jusqu'à présent, seul un petit nombre de pays ont adopté des mesures juridiques destinées à empêcher cette utilisation du web à des fins criminelles et que la coopération et l'échange d'information au niveau international concernant les opérations de cyberpharmacies illicites sont pour l'instant très réduits.

D'après les chiffres relatifs aux saisies, une cyberpharmacie illicite réaliserait bien plus d'opérations qu'une pharmacie traditionnelle ayant des activités licites : en moyenne, chaque jour 450 opérations de vente de médicaments normalement délivrés sur prescription, dont 95 % porteraient sur des substances placées sous contrôle international qui sont donc délivrées sans ordonnance.

Des centaines de millions de dollars

Aux Etats-Unis, le premier pays où il est fait appel à des cyberpharmacies et l'un des pays hébergeant ces sites, le volume des ventes d'un site illicite pour les seuls diazépam et hydrocodone aurait atteint 6 millions de doses par an, selon le rapport. D'autres produits couramment vendus sur ces sites et consommés par les toxicomanes sont le fentanyl, la méthadone, la codéine ou encore les amphétamines. Les Caraïbes et le Mexique sont souvent les fournisseurs de ces substances.

Le montant des opérations illégales aux Etats-Unis atteint probablement des centaines de millions de dollars, selon l'OICS. Les listes de prix affichées sur les sites indiquent que les substances proposées sont parfois vendues 18 fois plus cher que dans une pharmacie traditionnelle. Ces sites, hébergés en Chine, au Pakistan et en Thaïlande ou aux Pays-Bas, ainsi que leurs auteurs sont souvent insaisissables, souligne l'organisation, car ils sont régulièrement réinstallés par simple précaution. Certains proposent des "consultations" en ligne, qui ne sont cependant, la plupart du temps, qu'un écran pour des opérations illicites.

Selon un projet de loi américain sur la protection des clients, les cyberpharmacies seront notamment tenues d'afficher sur leur site web des informations permettant d'identifier l'entreprise, le pharmacien et le médecin qui y sont associés. Le ministre américain de la justice d'Etat pourra également fermer un site malhonnête où qu'il se trouve dans le pays.


Commenter cet article

      Nous suivre :

      Zapnet : la glace plus forte que le pont ?

      logAudience