PUY-DE-DOME, 16 janvier - Après la découverte en 2001 de 18 cas de méningite C, dont 4 mortels, dans le Puy-de-Dôme, les autorités sanitaires françaises lancent une vaste campagne de vaccination auprès de 80.000 personnes. © INTERNEB14-P1-7-16. Derrière ce nom de code obscur, se cache une souche de méningite particulièrement virulente, qui persiste depuis trois ans en Seine-Maritime. D'où la décision de la préfecture de lancer "un certain nombre de mesures destinées à renforcer la lutte contre les infections invasives à méningocoque dans le département".
Après un pic en 1997 puis un retour à la normale, le nombre de cas de méningites en Seine-Maritime progresse de nouveau depuis 2003. Un phénomène "visiblement imputable à la souche B14-P1-7-16, qui est responsable d'une partie de ces cas", explique à LCI.FR le docteur Claire Sesboué, directrice adjointe de la DDASS. La souche en question est présente ailleurs en France mais 40 à 50% des cas se trouvent dans le département. "Pourquoi ? Si on le savait...", lâche la responsable de la DDASS.
Au sein du plan de lutte annoncé mardi, un programme de recherches visera justement à comprendre à quoi est due la persistance des infections invasives à méningocoque depuis 3 ans. L'étude, menée au CHU de Rouen, s'intéressera aux anciens malades (modes de vie, environnement, antécédents médicaux...). Une "biothèque" sera ainsi constituée à partir de prélèvements sanguins.
La cible : les moins de 20 ans
Une campagne de vaccination sera par ailleurs lancée dans le département. La Norvège, qui a dû faire face à une épidémie de méningite de souche voisine à celle qui sévit en Seine-Maritime, a mis au point un vaccin "avec une efficacité croisée vers la bactérie qui nous occupe", précise le Dr Sesboué. Le ministère de la Santé a acheté 9.000 doses et compte se procurer un deuxième lot de 15.000 doses d'ici au mois d'août 2006. L'objectif est de vacciner "l'ensemble de la population de moins de 20 ans" dans le département. Dans un premier temps, ce sont 3.000 personnes qui seront vaccinées. Des "arbitrages" sont en cours pour déterminer à qui inoculer le vaccin, en fonction de la tranche d'âge et de la zone géographique, indique le Dr Sesboué.
Les urgences pédiatriques seront également renforcées au centre hospitalier de Dieppe. La préfecture créera enfin "une cellule de crise (...) qui sera le point de convergence des informations émanant du terrain" et qui communiquera au public "les décisions prises par les autorités scientifiques médicales et les pouvoirs publics". "On n'arrivera jamais à éradiquer la maladie, souligne le Dr Sesboué, mais nous allons essayer de revenir à un taux d'incidence [un nombre de cas, NDLR] conforme à ce qu'on observe partout".
photo : archives
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