© INTERNELes médecins généralistes français pourraient étoffer leurs compétences en adoptant les pratiques de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). C'est l'idée qu'a défendu mercredi le professeur Jean-Raymond Attali au Medec, le congrès des professionnels de la santé qui se tient depuis mardi à Paris. Responsable du service Endocrinologie-diabétologie-nutrition de l'hôpital Jean-Verdier, en région parisienne, le spécialiste est intervenu surtout en tant que directeur du seul cursus universitaire français permettant l'obtention d'un diplôme de MTC (lire l'encadré ci-dessous).
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Plusieurs syndicats des médecins généralistes libéraux appellent à fermer leurs cabinets le 11 mars pour réclamer davantage de moyens et dénoncer un "système de santé sans pilote et à la dérive".
Publié le 02/03/2010
Vieille de 3.000 ans, la médecine traditionnelle chinoise repose sur une philosophie et des concepts qui, de prime abord, ont de quoi dérouter le praticien occidental puisqu'elle repose notamment sur des souffles et qu'elle est liée à cinq agents (bois, feu, terre, métal, eau), qui sont eux-mêmes associés à une multitude de catégories (5 saisons, 5 planètes, 5 couleurs, 5 émotions, 5 saveurs...).
Préserver ou retrouver l'harmonie
Pour les Chinois, la bonne santé est d'abord une affaire d'harmonie, d'équilibre entre des forces, des mouvements qui s'opposent, s'alternent et se complètent tout à la fois — ce qu'illustre le Yin et le Yang. Là où le médecin occidental se concentre sur la cause d'une maladie pour y opposer un traitement unique, son confrère chinois intègre le malade et ses maux dans un plus vaste ensemble d'interrelations : pour le soigner, il établit un traitement personnalisé dans lequel il associe de nombreux remèdes. Lesquels pourront évoluer dans le temps, en fonction des saisons même.
Comme le souligne avec malice le professeur Miansheng Zhu, spécialiste de MTC présente à la conférence : "En France, on dit que l'on respecte les personnes [en tant qu'individus, NDLR] mais dans les soins, l'approche est très collective !" En Chine, à chaque patient, son traitement. Le médecin chinois dispose ainsi d'un arsenal de techniques thérapeutiques : acupuncture, pharmacopée, gymnastique (Qi Gong ou Taï Chi), massages mais aussi saignées ("en toutes petites quantités", assure le Pr Attali) et ventouses entre autres.
Certaines actions de la MTC ont été scientifiquement prouvées et intégrées dans la médecine occidentale (acupuncture), remarque le Pr Attali, même si ces thérapies ont parfois du mal à être analysées dans le cadre d'essais cliniques. "La base de la pharmacopée chinoise est de mélanger des plantes (1) et il est difficile d'isoler les principes actifs" qui ont un effet sur le malade, note-t-il.
Mieux vaut prévenir que guérir
"En France, on privilégie le traitement curatif alors que la MTC est avant tout une médecine de préservation de la santé", déclare le docteur Michelle Spiroux, généraliste à Evreux et diplômée en MTC. "Sans renier la médecine occidentale", cette praticienne, qui est également acupunctrice et diététicienne, propose à ses patients une approche mixte. Après avoir fait un examen clinique "classique" du malade, elle prend son pouls, à trois points différents (un par organe), sur chacun de ses poignets. Autre approche "orientale" : elle étudie l'état de la langue — sa couleur, la nature de ses fissures... Le dialogue avec le patient est très important : "Je m'intéresse aux signes évolutifs, explique-t-elle. Je prends en compte les données personnelles du patient — âge, sexe, antécédents — mais aussi des données générales sur les années, les saisons, les heures car il existe des variations saisonnières de pathologie."
En complément ou en remplacement des médicaments, elle propose des traitements à base d'acupuncture ou de phytothérapie "mais c'est plus difficile car il n'y a pas beaucoup de produits en France", indique-t-elle à LCI.FR. "Certains clients refusent, d'autres sont parfois déconcertés mais en général, ils sont plutôt réceptifs", souligne-t-elle. La généraliste insiste aussi sur la nutrition et la gymnastique. Et de pointer qu'au cœur de la médecine traditionnelle chinoise, il y a "une pensée complexe mais très riche qui est porteuse de confort pour nos patients".
Se former à la MTC |
(1) Interrogé sur le recours dans la pharmacopée chinoise à des organes ou substances prélevés sur des animaux (bile d'ours, pénis de tigre, cornes de rhinocéros...), le Pr Attali a reconnu que la sensibilité écologique était récente en Chine mais qu'elle progressait et il a précisé que ces ingrédients pouvaient être remplacés par d'autres produits.
photo : archives LCI
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