Les opposants à l'ours grognent à Toulouse

le 10 mars 2006 à 15h50 , mis à jour le 10 mars 2006 à 16h08

Près de 350 manifestants ont défilé vendredi à Toulouse contre le retour de l'ours dans les Pyrénées. La ministre de l'Ecologie Nelly Olin doit annoncer lundi un plan de réintroduction d'ours bruns en provenance de Slovénie.

bergers manifestation contre ours toulouse mars 2006

Environ 350 personnes, venues des six départements pyrénéens, ont manifesté accompagnés d'ânes et de brebis vendredi à Toulouse pour protester contre la réintroduction d'ours slovènes dans les Pyrénées.

Dès le début de la manifestation, en fin de matinée, des intervenants ont pris la parole pour dire "non aux ours slovènes" et leur opposition au plan de réintroduction d'ours bruns dans les Pyrénées, dont les modalités doivent être présentées lundi par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Selon le sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques, le plan porterait sur cinq ours bruns capturés en Slovénie pour renforcer une population réduite à une vingtaine d'individus sur l'ensemble du massif.

"Les Pyrénées sont là. Aujourd'hui, nous sommes décidés dans nos six départements à dire non, nous ne voulons pas de ces ours", ont déclaré les manifestants dans des haut-parleurs. Venus en autobus, bergers, habitants, élus locaux et éleveurs ont commencé à défiler jusqu'à la Direction régionale de l'environnement Midi-Pyrénées (Diren), à la cité administrative de Toulouse. En tête du cortège très coloré, trois ânes des Pyrénées, suivis par un troupeau de brebis entourées de chiens Patou. Les bergers agitaient des clochettes avec leur bâton, d'autres brandissaient sous la pluie des pancartes et banderoles où l'on pouvait lire : "Gardez votre pognon nous gardons nos moutons" ou encore "C'est pas à nous de nourrir les ours".

"Ça se passera mal"

Le président du conseil général de l'Ariège, Augustin Bonrepaux, a expliqué à la presse qu'il était venu défendre ces éleveurs comme il défendrait "toute entreprise". "Si le gouvernement ne recule pas, ça se passera mal", a lancé ce représentant du PS. Peu avant midi, une délégation de douze personnes a été reçue durant une heure à la Diren en présence du préfet Jean Daubigny. En ressortant, les représentants des différents départements de la chaîne pyrénéenne ont fait part de leur colère.

"Personne ne nous a compris. On avait l'espoir d'avoir un contact téléphonique avec la ministre de l'Environnement Nelly Olin, ça n'a pas été possible, elle est intouchable", ont-ils regretté, réaffirmant leur détermination pour obtenir l'abandon du plan de réintroduction. En colère également, certains manifestants ont alors lancé pétards et bouteilles pleines de sang d'agneau contre les murs de la cité administrative et en direction des forces de l'ordre, arrosant la foule au passage, avant de se calmer et repartir en cortège jusqu'à la place du Capitole. La manifestation s'est terminée sans autre incident vendredi en début d'après-midi.

"Cinq ours dès cette année"

L'association environnementaliste Action nature a demandé vendredi "un premier relâcher de cinq ours dès cette année" pour permettre "le retour d'une population viable d'ours" dans les Pyrénées". Concernant l'annonce de lundi, l'ONG assure redouter "un effet d'annonce de plus" après les annonces en 2005 du précédent ministre, Serge Lepeltier, jamais suivies d'effet. L'ONG cite une étude réalisée en 2002 par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui estimait que "la population d'ours ne sera viable que si au moins onze ours sont relâchés au cours des prochaines années".


le 10 mars 2006 à 15:50
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7 Commentaires

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  • Jean-Noël, le 11/03/2006 à 14h41

    Amusant, 3 réactions publiées, toutes pro ours et venant d'intervenants parisiens et grenoblois. Merci aux écolos de salon qui ne connaissent rien de la réalité sur le site. Allez vivre l'existence des éleveurs de moutons et vous comprendrez ce qu'est la nature. Les vrais écologistes ce sont eux, pas vous les citadins pantouflards.

  • Dan, le 11/03/2006 à 14h18

    Pourquoi n'y a t il qu'en France que la cohabitation avec la faune sauvage pose problèmes...????....

  • Xx, le 11/03/2006 à 12h16

    Il ne faut pas permettre la cohabitation d'animaux dangeureux a coté de l'homme, ils seront tués d'une facon ou d'une autre, des que je sens que je suis en danger ou pour les miens, je l'abat sans hesiter, mem si c'est le dernier de l'espece, par contre il faut delimiter les perimetres d'une reserve et faire en sorte que ces animaux n'en sorte pas, liberte totale non, semi liberte sous surveillance oui.

  • Patrick, le 10/03/2006 à 22h51

    Bonjour, l'ignorance de ces perssonnes fait peine à voir, le monde paysan se croit tout permis mais lorqu'ils touchent les aides la tout va bien.

  • Gilles, le 10/03/2006 à 17h40

    Et dire que ce qui leur permet de vivre, ce sont les aides qu'on leur donne grace a MES impots!Si l'elevage de montagne n'est pas rentable alors qu'ils aillent pointer aux Assedic et qu'on arrete de subventionner ces arrieres!

  • Pierre, le 10/03/2006 à 17h12

    Les moutons ne sont pas en voie de disparition que je sache, alors faisons une petite place aux ours, n'en déplaise aux éléveurs.

  • Tazou, le 10/03/2006 à 16h30

    Ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que l'ours etait là bien avant eux, et que lui rendre son espace naturel, ce n'est que justice, vu que ces bas de plafond les ont exterminés ! ils n'ont qu'a les surveillés leurs moutons, plutot que glander !

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