
Après le Nigeria, l'Egypte et le Niger, trois pays où la découverte du virus mortel a été annoncée en février, la maladie a été détectée chez un canard d'élevage à Maroua, à l'Extrême-Nord du Cameroun. Ce cas concerne un canard d'élevage, ont précisé à l'AFP les services du Premier ministre Ephraïm Inoni, sans préciser combien de volailles étaient mortes dans cette province frontalière du Nigeria. La contamination confirme les craintes des experts internationaux qui ont estimé que l'Afrique, par manque d'infrastructures, de personnel qualifié et de moyens, serait en difficulté face à cette menace.
Endiguer la progression de l'épizootie
La plupart des pays africains ont pourtant pris des mesures de précaution, notamment des restrictions des importations de volailles. Mais leur application semble difficile et en tout cas insuffisante pour endiguer la progression de l'épizootie. Le Cameroun, qui a une frontière commune de 1.800 km avec le Nigeria, avait ainsi interdit toute importation de volailles nigérianes après l'annonce le 8 février de la découverte du virus H5N1 dans ce pays, premier foyer africain de la grippe aviaire. Une délégation d'experts des agences de l'Onu avait séjourné dans le pays fin février pour y étudier la situation.
"Premiers moyens d'intervention"
"La brigade nationale d'intervention (...) a été mise en mouvement dès ce jour vers les provinces de l'Extrême-Nord, du Nord et de l'Adamaoua", a assuré samedi soir le gouvernement camerounais. Cette brigade composée d'experts des différents ministères concernés va "porter les premiers moyens d'intervention" et contribuer à "éviter la propagation de la maladie et la contamination humaine", a-t-il ajouté. Il ne détaille toutefois pas les mesures prises et n'évoque pas directement l'abattage des volailles dans la zone concernée. Sans plus de précisions, les autorités promettent enfin aux professionnels de la filière aviaire de "les aider à faire face à ces difficultés".
La crainte d'une prochaine contamination
Les agences internationales estiment nécessaire de prévoir des indemnisations pour les éleveurs dont les volailles sont touchées ou doivent faire l'objet d'un abattage préventif, afin d'éviter que la population ne cache des cas éventuels de grippe aviaire. Les autorités du Tchad, frontalier du Nigeria, du Niger et de la province camerounaise touchée, craignent quant à elles une prochaine contamination, face à laquelle elles se sont dites à la mi-février "totalement démunies". En Ethiopie, plus de 6.000 poulets sont morts en février de la grippe aviaire dans une ferme du sud pays, mais les analyses n'ont pas encore déterminé s'il s'agit du virus H5N1, le plus dangereux.
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