
En abattant les canards de trois élevages du nord du pays, une région où un cas du virus H5N1 a été détecté, le Cameroun tente à son tour d'endiguer la propagation de l'épizootie. Après des analyses effectuées au Cameroun et confirmées par l'Institut Pasteur à Paris, le premier cas de grippe aviaire H5N1 a été décelé dans ce pays, comme l'a annoncé samedi soir le gouvernement camerounais. "Des instructions ont été données pour que soient abattus les autres canards de cet élevage qui ne comprenait en fait que 25 bêtes et pour que le cadre soit entièrement désinfecté. Ce qui a été fait", a assuré le ministre camerounais de l'Elevage Aboubakari Sarki. Il a ensuite affirmé à la radio nationale que des équipes avaient également été chargées de l'abattage et de l'incinération des canards de deux autres élevages voisins, sans préciser le nombre de volailles concernées.
Malgré ses appels au calme répétés, dans le nord du pays, les habitants de Maroua ont déjà commencé dimanche à bouder les poulets, a rapporté la radio nationale. Corollaire de cette baisse des ventes de volailles, le prix de la viande de boeuf a bondi en 24 heures, passant de 1.100 francs CFA (1,67 euro) le kilo à 1.400 FCFA (2,13 euros). Le gouvernement a d'ailleurs ordonné dimanche la fermeture du marché de poulets de Maroua, et a interdit toute sortie de porcs ou de volailles de la ville.
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Endiguer la progression de l'épizootie
La plupart des pays africains avaient pourtant pris des mesures de précaution, notamment des restrictions des importations de volailles. Mais leur application semble difficile et en tout cas insuffisante pour endiguer la progression de l'épizootie. Le Cameroun, qui a une frontière commune de 1.800 km avec le Nigeria, avait ainsi interdit toute importation de volailles nigérianes après l'annonce le 8 février de la découverte du virus H5N1 dans ce pays, premier foyer africain de la grippe aviaire. Une délégation d'experts des agences de l'Onu avait séjourné dans le pays fin février pour y étudier la situation.
"Premiers moyens d'intervention"
"La brigade nationale d'intervention (...) a été mise en mouvement dès ce jour vers les provinces de l'Extrême-Nord, du Nord et de l'Adamaoua", a assuré samedi soir le gouvernement camerounais. Cette brigade composée d'experts des différents ministères concernés va "porter les premiers moyens d'intervention" et contribuer à "éviter la propagation de la maladie et la contamination humaine", a-t-il ajouté. Il ne détaille toutefois pas les mesures prises et n'évoque pas directement l'abattage des volailles dans la zone concernée. Sans plus de précisions, les autorités promettent enfin aux professionnels de la filière aviaire de "les aider à faire face à ces difficultés".
La crainte d'une prochaine contamination
Les agences internationales estiment nécessaire de prévoir des indemnisations pour les éleveurs dont les volailles sont touchées ou doivent faire l'objet d'un abattage préventif, afin d'éviter que la population ne cache des cas éventuels de grippe aviaire. Les autorités du
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Tchad, frontalier du Nigeria, du Niger et de la province camerounaise touchée, craignent quant à elles une prochaine contamination, face à laquelle elles se sont dites à la mi-février "totalement démunies". En Ethiopie, plus de 6.000 poulets sont morts en février de la grippe aviaire dans une ferme du sud pays, mais les analyses n'ont pas encore déterminé s'il s'agit du virus H5N1, le plus dangereux.
Photo d'ouverture : archives
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