Six hommes toujours en soins intensifs après un test de médicament

le 17 mars 2006 à 17h57 , mis à jour le 18 mars 2006 à 08h39

Six hommes sont toujours hospitalisés vendredi à Londres, après avoir testé un nouveau médicament contre la leucémie et la sclérose en plaques. Deux d'entre eux sont dans un état critique, quatre dans un état grave.

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Six hommes sont toujours en soins intensifs depuis mercredi, dans l'hôpital londonien de Northwick Park, après l'essai clinique d'un nouveau médicament qui a mal tourné. Leur état est stationnaire : deux d'entre eux sont dans un état critique, quatre toujours dans un état grave.

Les deux malades les plus atteints présentent  "quelques premiers signes de réaction au traitement, mais leur état demeure très grave et complexe. Il ne serait pas raisonnable de formuler un pronostic" a précisé le docteur Ganesh Suntharalingam, chef du service des soins intensifs du Northwick Park Hospital. Les quatre autres patients "sont dans un état grave mais sont complètement conscients", a-t-il indiqué par ailleurs. "Certains ont fait des progrès notables et nous avons pu réduire le soutien apporté au fonctionnement de leurs organes", a indiqué vendredi le médecin-chef. "Mais il est encore tôt et ils leur faudra des soins spécialisés pendant une très longue période".

"Nous continuons à traiter le trouble inflammatoire provoqué par le médicament et les effets qui en ont résulté", a précisé le responsable de l'unité de soins intensifs de l'hôpital. "Nous donnons des traitements pour le système immunitaire et les patients continuent de recevoir tout l'éventail de traitements que le service de soins intensifs offre", a-t-il ajouté. Et d'indiquer : "Nous continuons de coopérer étroitement avec les familles et amis qui sont de toute évidence inquiets et angoissés pour leurs proches et nous faisons notre possible pour les soutenir", a-t-il poursuivi.

Test d'un médicament contre la leucémie

Les six hommes, tous jeunes, en bonne santé, participaient à un essai clinique rémunéré. Il s'agissait de tester pour la première fois sur des humains un médicament destiné à traiter la leucémie et la sclérose en plaques, développé par la compagnie allemande TeGenero. Aussitôt après avoir reçu le produit, les hommes ont commencé à transpirer, à avoir de très violents maux de tête, se sont évanouis, et ont été transportés en soins intensifs, selon l'un des deux participants à l'essai qui ont reçu un placebo.

L'un des malades, un gérant de bar de 28 ans, a la poitrine et le visage enflé au point de ressembler "à Elephant Man", a rapporté son amie Myfanwy Marshall. "Une machine lui vide les poumons. Sa poitrine est gonflée, son visage tout enflé", a-t-elle raconté en pleurant. "Ils n'ont pas de remède. C'est un médicament qu'ils n'ont jamais testé sur des humains auparavant, donc ils ne savent pas à quoi ils ont affaire. Il a besoin d'un miracle, c'est le mot qu'ils ont employé", a-t-elle dit. Un autre des hommes hospitalisés, Ryan Wilson, 21 ans, risque de mourir prochainement, selon ses proches. "Sa tête a enflé jusqu'à tripler de volume. Son cou aussi et sa peau est devenue violet foncé", a raconté au Sun sa belle-soeur Jo Brown, qui lui a rendu visite à l'hôpital.

Enquêtes en cours

L'Agence britannique de régulation des médicaments et produits de santé (MHRA) a immédiatement ordonné la suspension de l'essai clinique, étape de la procédure légale précédant la mise sur le marché de tout nouveau médicament. Elle a alerté ses homologues européens, car le médicament pourrait être actuellement testé dans d'autres pays, et a ouvert une enquête pour déterminer l'origine du problème. Scotland Yard a également ouvert une enquête.

Le test était réalisé sous la supervision de l'américain Parexel International, un organisme sous-traitant les essais cliniques pour des laboratoires pharmaceutiques, et se déroulait dans une unité de recherches indépendante de l'hôpital de Northwick Park. Le MHRA a indiqué que le médicament avait suivi l'ensemble des procédures réglementaires avant cet essai, dit de phase 1, lorsqu'un produit est testé pour la première fois sur des humains.

le 17 mars 2006 à 17:57
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6 Commentaires

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  • Matthieu, le 17/03/2006 à 09h54

    Ca démontre rien du tout mis à part le fait que il y a des risques dans une phase 1, et que c'est pour ca qu'elle existe. Il est très rare que ce genre d'accidents arrive. Par contre, moi je veux bien qu'on essaie directement les molécules sur des humains après des pseudo modèles de substitution qui ne peuvent prendre en compte la globalité d'un organisme, et d'arrêter le modèle animal. Ca pourrait être très lucratif pour l'industrie des pompes funèbres... Si on teste sur des animaux c'est bien pour éviter le plus possible ce genre d'accidents. Seulement, dans le domaine de la santé et plus généralement de la biologie, le 100% de certitudes est totalement exclu car non pertinent... Donc l'expérimentation animale n'a pas d'autre alternative contrairement à ce que certaines associations voudraient laisser entendre...

  • Xx, le 17/03/2006 à 09h36

    Il y'a eu de sacre raté dans la procedure.

  • FOURRIER, le 17/03/2006 à 00h24

    Les réactions catastrophiques de ce test démontrent de façon flagrante, l'inefficacité et le manque de probité des tests effectués dans un premier temps sur le modèle animal. Alors pourquoi continuer? Ou plutôt pour qui? Chaque espèce vivante sur cette planète est si semblable et pourtant tellement différente des autres. Pourquoi ne pas utiliser les nouvelles méthodes subsitutives logiques et cohérentes (entre autres : tester le produit sur une cellule humaine et constater les réactions)? Quant aux ultimes tests sur l'humain avant l'Autorisation de Mise sur le Marché, on sait qu'ils ne sont pas pratiqués par l'AFSAPS mais par les ces même laboratoires détenteurs de brevets à rentabiliser. Pour prendre l'exemple de l'interféron béta (traitement de la sclérose en plaques) qui a reçu une AMM, son utilisation n'est possible qu'en rendant des comptes, à intervalles réguliers, à la fois à la Sécurité Sociale (dont le fiancement à 100% du médicament représente 13.000 €uros par an et par patient) et, au laboratoire, qui ainsi continue de tester son médicament à grande échelle (rapport par patient sur la tolérance du médicament et ses effets secondaires). Quand au laboratoire qui fabrique ce médicament, s'il a des doutes sur la fiabilité et la tolérence de son produit, c'est tout à fait naturel. Surtout lorsque l'on sait qu'il est fabriqué à partir de cellule d'ovaire de hamster. Il semble évident que la "science" et la rentabilité à court terme font une cuisine d'apprenti-sorcier qui multiplie les difficultés pour la planète entière.

  • Marc, le 17/03/2006 à 00h13

    Et pourtant, des essais ont du etre fait sur un grand nombre d'animaux. Même si la souffrance de ces hommes (et de leurs familles) impose notre compassion, c'est une nouvelle preuve que martyriser des animaux ne sert à rien ! A quand la fin de l'expérimentation animale ? A quand une vraie recherche de tests de substitution ? De tout coeur avec les familles de ces malheureux, "achetés" par de puissants laboratoire pharmaceutiques pour un prix dérisoire en regard des risques encourus et des profits de ces mêmes labos.

  • MIKE, le 16/03/2006 à 20h35

    Voila quand on joue au apprentie sorcier! il parrait que le produit fut teste sur un chien quelque semaine avant et que le pauvre animal en est mort. c est bien que cet histoire soi revele au public, combien d'autre teste secret se sont deja passe sans qu'on le sache?! on le saura jamais. une pense a tout ces personnes concerne.

  • Ergol, le 16/03/2006 à 19h54

    Ca donne pas envie d'être cobaye pour l'industrie pharmaceutique. A moins que les anglais soient vraiment mauvais...ce qui n'est pas impossible

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