
"Je suis vraiment soulagé, c'était parfait", a lancé Jim Graf, le chef du projet "Mars Reconnaissance Orbiter" (MRO). La réussite de cette phase délicate de la mission, a été saluée par un tonnerre d'applaudissements et des cris de joie dans la salle de contrôle du "Jet Propulsion Laboratory" à Pasadena en Californie. "Nous ne pouvions pas avoir programmé cette mission mieux que cela", a-t-il ajouté, soulignant que la sonde était réapparue de l'autre côté de Mars exactement au moment prévu, à une seconde près.
Le MRO avait perdu le contact radio avec la Terre pendant 30 minutes en passant derrière Mars et ce, six minutes avant la fin de la phase de 27 minutes d'allumage du moteur pour freiner sa vitesse de 20% et lui permettre de se faire happer par la force d'attraction martienne. Dès que la sonde est réapparue à elle a de nouveau émis des signaux vers la Terre montrant qu'elle se trouvait là où elle devait être et indiquant sa mise en orbite de Mars. Ce succès a été confirmé quelques minutes plus tard par le centre de contrôle après de nouvelles vérifications des données.
Mission d'observation
Toute la mission s'est effectivement déroulée sans aucun incident. L'allumage du moteur principal a eu lieu précisément à 21 heures 24, heure locale, faisant passer la vélocité du MRO, un engin de 2,18 tonnes, de 17.163 km/h à environ 14.000 km/h en 27 minutes et réduisant son altitude de 48.752 km à près de 4.000 km au-dessus de Mars. Au début de ses révolutions de 35 heures autour de la planète rouge, le MRO suivra une orbite elliptique de 400 à 44.000 km au-dessus de Mars. D'ici deux semaines, les ingénieurs de la Nasa manoeuvreront pour commencer un freinage atmosphérique de la sonde afin de la ramener progressivement en orbite circulaire basse, de 320 à 410 km au dessus de la surface de la planète dont elle fera le tour en deux heures. Le MRO commencera alors véritablement sa mission d'observation étendue de 25 mois avec ses six instruments de grande puissance.
Une planète qui ressemble à la Terre
Cette sonde "va permettre de considérablement étendre notre compréhension scientifique de Mars, de préparer les deux prochaines missions robotiques sur son sol --Phoenix et Mars Science Laboratory d'ici à la fin de la décennie-- et d'aider à la préparation des futures expéditions humaines", a récemment expliqué Doug McCuistion, directeur du programme de la Nasa, l'agence spatiale américaine. La moisson de données et d'images que la Nasa récoltera permettra de mieux comprendre les changements de l'atmosphère martienne et les phénomènes ayant bouleversé la géologie de la planète où la vie a peut-être existé. Mais, "nous sommes surtout intéressés de savoir s'il y a de l'eau, sous toutes ses formes", a souligné Richard Zurek, le responsable scientifique du MRO. "Mars est, parmi les planètes du système solaire, celle qui ressemble le plus à la Terre (...), où la probabilité de l'existence de la vie dans le passé est la plus grande", a encore expliqué M. Zurek. Pour lui, "Mars est de ce fait une destination de choix pour des expéditions humaines".
Cette mission de 720 millions de dollars rejoindra trois autres orbiteurs -- deux américains, Mars Global Surveyor et Mars Odyssey, et un européen, Mars Express -- qui sondent déjà la planète rouge à la recherche d'eau et de glace. Sur le sol martien, les robots Spirit et Opportunity ont aussi entamé leur troisième année d'exploration fructueuse qui a révélé la présence d'eau par le passé.
(D'après AFP)
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