113 blocs opératoires sur la sellette

le 18 avril 2006 à 17h24 , mis à jour le 19 avril 2006 à 22h26

Un rapport préconise la fermeture "sans délai" de 113 blocs opératoires d'hôpitaux publics français car ils effectuent trop peu d'actes chirurgicaux. Conséquence : la qualité et la sécurité laissent à désirer. Mais le ministre de la Santé est moins catégorique : il préconise du "sur-mesure" et le dialogue avec les professionnels de santé et les élus.

chirurgiens bloc opératoire © INTERNE

Un rapport remis au ministre de la Santé Xavier Bertrand relève que 113 blocs opératoires d'hôpitaux publics français effectuent aujourd'hui moins de 2000 actes chirurgicaux par an. "Certains hôpitaux de proximité maintiennent des services de chirurgie ne répondant pas aux critères de sécurité, de qualité et de continuité des soins. Leur fermeture doit être envisagée sans délai", estime le document rédigé sous la direction du professeur Guy Vallancien, secrétaire national du Conseil national de la chirurgie (CNC).

Les rapporteurs expliquent qu'"en raison d'une activité faible, certains chirurgiens perdent leur savoir-faire car faire peu expose à faire moins bien". Et d'ajouter : "Parmi ces chirurgiens, certains ont reçu une formation à l'étranger dont il est parfois difficile de connaître le niveau". Or, insistent les experts du CNC : "Fermer un service de chirurgie n'est ni honteux ni dangereux lorsqu'il ne répond plus à la demande de qualité tout au long de l'année".

"Fermer un bloc opératoire, ce n'est pas obligatoirement fermer l'hôpital", a insisté le Pr Jacques Domergue, président du CNC, à l'intention en particulier des maires des communes concernées. Selon lui, "les lits supprimés peuvent être reconvertis, par exemple en lits de soins de suite ou en lits pour personnes âgées, avec le maintien des emplois, bien sûr". Le rapport cite par exemple le centre hospitalier de Saint-Yrieix-La-Perche (Haute Vienne) où ne sont réalisés que 48 actes par an, celui de Cognac (Charentes, 123 actes) ou encore l'hôpital suburbain du Bouscat (Gironde, 130 actes).

"Sur-mesure"

Invité de la chaîne Direct 8 mardi soir, le ministre de la Santé a précisé n'avoir "pas de plan pour fermer tel ou tel hôpital ou tel ou tel bloc chirurgical". Il a indiqué "ne pas croire" à la "règle" des 2000 actes par an, préférant le "sur-mesure" et considérant que "ce n'est pas parce qu'il y a peu d'interventions que la pratique est de mauvaise qualité". Xavier Bertrand a encore rappelé mercredi sur Europe 1 qu'il avait demandé aux Agences régionales d'Hospitalisation (ARH) "d'aller voir sur place" et "d'engager cela à la fin du mois". "Je donnerai ma réponse après cette enquête de terrain", qui, pour l'heure, "n'a pas été faite", a poursuivi le ministre, assurant qu'il n'avait "pas l'intention d'enterrer le rapport" du CNC. "La seule chose qui compte, c'est la sécurité des patients : si la sécurité n'est au rendez-vous, il faut fermer", a poursuivi le ministre, soulignant que d'autres critères que le nombre annuel d'actes, comme "les conditions géographiques particulières" devaient aussi être pris en compte. "Il n'y a pas que les critères économiques", a-t-il expliqué. Xavier Bertrand a par ailleurs pointé, comme les auteurs du rapport, que "faire évoluer un bloc, ce n'est pas fermer un hôpital", qui peut se restructurer et "garder son personnel".

"Regrouper les compétences"

Le CNC avait estimé dans des recommandations présentées en septembre que le seuil de viabilité des blocs opératoires était à un minimum de 2000 interventions par an pour 50 000 habitants. Pourtant, Le rapport préconise de publier "dès 2007, les recommandations des seuils d'activité chirurgicale sans en faire un couperet" et "d'afficher dans les hôpitaux les types et le nombre d'opérations par an de chaque service de chirurgie". Par ailleurs, il invite les pouvoirs publics à "repenser l'offre chirurgicale sur le territoire afin de regrouper les compétences au lieu de les maintenir éparpillées".

Le rapport rappelle à ce propos qu'une fois encore, deux logiques s'affrontent, "l'une médicale" et "l'autre politique, privilégiant l'aménagement du territoire". Reste que, selon le rapport, moins de 1% de la population française habite "à plus de 30 km d'un établissement de soins doté d'un bloc opératoire" et seulement 0,3% "à plus d'une heure de route d'un service de chirurgie".

le 18 avril 2006 à 17:24
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19 Commentaires

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  • Rodrigues, le 20/04/2006 à 09h34

    Chauny (qui fait partie de la liste), est une petite structure. Mais ici on est écouté, chouchouté ! Je me suis faite opérée des dents il y a 2 mois : on a écouté mes craintes de la douleur et ma peur des piqures : on m'a endormi au masque avant de me perfuser, on m'a retiré la sonde nasale avant que je me réveille. Un ami s'est fait opérer à St Quentin, où quand il est sorti avec des douleurs, on lui a dit d'aller voir son médecin traitant pour avoir un traitement anti douleur ! Moi 15 jours avant l'opération j'avais déjà l'ordonnance ! Les grosses structures sont en réalité de grosses usines à fric où on est seulement un numéro ! A chauny, j'étais une personne !

  • Bolsee, le 19/04/2006 à 23h43

    Ayant été opéré ds une petite clinique privée d'Ales(30), j'ai attrapé le staphillocoque doré. Malgré des expertises, l'hopital a été mis hors de cause...Je souhaite de tout coeur que de telles structures ferment, car je ne veux pas que cela arrive à d'autres...

  • Muriel, le 19/04/2006 à 22h00

    Les gros hopitaux n'ont pas un nombre illimite de chirurgiens, ansthesistes et infirmieres disponible payes pour attendre l'urgence: que fera-t'on le jour, pas si lointain, ou l'on aura ferme les petits centres et qu'il n'y aura pas assez de chirurgiens pour faire toutes les operations necessaires? A-t'on explique a ces eminents specialistes du conseil que les gens ne font pas de crise d'apendicite en fonction de leur agenda et que s'il est facile de reporter a plus tard une rhinoplatie il n'en va pas de meme pour les accidents vasculaires et autres inconveniences imprevisibles et potentielement fatales?

  • DANIEL, le 19/04/2006 à 21h50

    Franchement si cette nouvelle carte s'applique on aura le temps de mourir si ont doit se faire opérer en urgence. dans mon département le 54 si on habite Lunéville il faudra alors allez à Nancy 50 km plus loin environs. suans penser qu'il ne faut pas compter sur les hélicoptères !!! IL SONT BIEN EVIDEMENT TROP CHER POUR ÊTRE UTLILISEE !!

  • SASSUS, le 19/04/2006 à 21h44

    Etant présidente de l' ASSTOHL (ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DU SERVICE TRAUMATOLOGIE ORTHOPEDIE DE L'HOPITAL DE LANNEMEZAN) je me révolte à l'idée que les technocrates décident sans se rendre sur le terrain. En ce qui concerne le plateau de LANNEMEZAN, sa géographie et sa topographie doivent être impérativement prises en compte sinon notre population courra des risques graves. Notre association comptant plus de 8 000 signatures, tiendra les décideurs, en cas de problèmes (et il y en aura) comme responsables.

  • Sof94, le 19/04/2006 à 18h28

    Peut être que ce rapport est pertinent concernant les problèmes rencontrés dans ces petits établissements. N'empêche que je doute fort que la fermeture pure et simple soit la bonne solution ! C'est un peu facile. Sans parler des urgences qui auront de toute façon besoin de plateaux techniques de proximité, qui aura envie de faire 50 voire 100 km pour aller dans un hôpital où il ne recevra pas de visite, et n'aura pas plus d'avantages que dans son hôpital plus proche. Sans parler des risques sur la route ! De plus, j'entendais ce matin un maire évoquer le problème justement de la route nationale qui, l'été, est toujours embouteillée. Comment fait-on alors ? Je pense qu'il serait préférable d'améliorer les conditions locales plutôt que de tout rediriger vers les grands hôpitaux, qui, à ce qu'on entend, sont eux aussi dans une situation de manque de ressources : dès lors, comment pourront-ils prendre en charge un tel surplus d'interventions sauf à entraîner des délais insupportables ?! Par ailleurs, le seuil de 2000 interventions par an me semble étrange : cela fait quand même une moyenne de plus de 5 interventions par jour : ce n'est pas négligeable.

  • Denis le febvre, le 19/04/2006 à 16h16

    Bonjour, Une solution pour remplacer les services fermés, pour des opérations programmées: un (ou plusieurs)train médicalisé avec bloc-opératoire ambulant qui effectuerait un circuit en fonction des demandes et des spécialités. Les patients seraient opérés dans le train puis ils rejoindraient l'hopital pour leurs convalescences.

  • Remy, le 19/04/2006 à 13h55

    Aujourd'hui on ne soigne plus pour soigner mais on soigne par interets financiers!!!! pauvre monde.......

  • Taz, le 19/04/2006 à 12h12

    A vouloir tout simplifier on finira un jour par mourir dans les cimetières !

  • Pez, le 19/04/2006 à 10h46

    Une chirurgie de proximité dans les petites villes c'est rassurant pour une population vieillissante, mais je doute de cette compétence. Dès complication,on dirige les patients vers les CHU. Malheureusement ces actes chirurgicaux sont en honoraires libres dans les petits hopitaux.

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