© TF1Les chats "pourraient jouer un rôle plus important que ce que l'on croyait jusqu'à présent dans l'épidémiologie (le cycle de diffusion, ndlr) du virus" H5N1 de la grippe aviaire. C'est ce qu'expliquent des virologues du centre médical Erasmus à Rotterdam (Pays-Bas) en s'appuyant sur des "éléments disponibles, bien qu'incomplets". Leurs propos sont publiés dans la revue scientifique britannique Nature, à paraître jeudi.
Les autorités sanitaires devraient prendre davantage de précautions pour "minimiser le risque d'infection des chats" par le virus, affirme l'équipe de Thijs Kuiken et Albert Osterhaus dans un article cosigné par un spécialiste de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Peter Roeder. "L'état des connaissances comporte encore de graves lacunes", reconnaissent les virologues, notamment "sur le point de savoir si une transmission du virus du chat vers la volaille, vers l'homme ou vers d'autres espèces est possible". Toutefois, l'équipe du centre Erasmus met l'accent sur de récentes données qui devraient inciter les pays atteints par l'épizootie et les organisations internationales compétentes à "prendre en compte le rôle potentiel des chats dans les recommandations officielles pour le contrôle de la diffusion du virus H5N1".
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"Il est maintenant établi que les infections fatales chez les chats sont répandues dans les pays où le virus paraît être devenu endémique parmi la volaille, comme l'Indonésie, la Thaïlande et l'Irak", soulignent les auteurs de l'article. Les contaminations de félidés étaient restées jusque là occasionnelles. Les virologues néerlandais font également référence à leurs propres recherches, publiées dans la revue scientifique américaine Science en 2004. Ils avaient démontré lors d'expériences en laboratoire que la souche asiatique du virus H5N1 pouvait se transmettre de chat à chat. Mais la quantité de virus excrétés par ces félidés est nettement moindre que celle des poulets atteints, avaient-ils reconnu.
Dans un autre article, publié récemment dans Science, l'équipe de Rotterdam montrait que le virus s'attache aux cellules qui tapissent l'intérieur des poumons des chats mais ne parvient pas à s'installer dans les voies respiratoires supérieures. Ce schéma est semblable à celui constaté chez l'homme. Toutefois, soulignent les chercheurs, "aucune mutation importante" du virus qui faciliterait son adaptation à l'homme n'a été décelée dans les prélèvements opérés chez les chats infectés. Et c'est en attendant d'en savoir davantage qu'ils incitent les autorités à "une surveillance accrue" de ces mammifères. Depuis la découverte du premier chat mort dans l'île allemande de Rügen, l'Union européenne recommande d'enfermer les chats et de garder les chiens en laisse dans les zones touchées par le virus H5N1.
Par Isabel PARENTHOEN (AFP)
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