
Une infirmière contactée par l'AFP a confirmé que l'opération avait eu lieu mais a déclaré qu'aucun des médecins y ayant participé ne pouvait être joint pour le moment. "Cette opération a été encore plus complexe et méticuleuse que celle réalisée par les Français", affirme le communiqué de l'hôpital chinois. Une Française de 38 ans défigurée par son chien a bénéficié en novembre 2005 à l'hôpital d'Amiens d'une greffe partielle, une première mondiale, qui lui a redonné une bouche, un nez et un menton.
Défiguré par un ours
L'opération réalisée en Chine par une équipe menée par le docteur Guo Shuzhong, responsable de l'Institut de chirurgie plastique, a duré 14 heures, selon l'hôpital. Le patient s'appelle Li Guoxing, un chasseur qui avait été défiguré par un ours. Selon l'agence officielle Chine Nouvelle, la greffe a concerné les deux tiers de son visage, ce qui est confirmé par une photo de M. Li, après l'opération. Le donneur était un homme en état de mort cérébrale, selon Chine Nouvelle, qui cite Han Yan, l'un des médecins de l'équipe. M. Li va subir un traitement post-opératoire pour éviter tout rejet mais aussi bénéficier d'une assistance psychologique, précise l'agence.
Selon le communiqué, l'Institut qui a réalisé la greffe est la seule unité de l'Armée populaire de libération (APL) spécialisée dans la chirurgie esthétique. L'hôpital Xijing, rattaché à une université de médecine militaire, a commencé à envisager la réalisation de greffes de visage en 2002, puis a mis en place une unité spéciale deux ans plus tard, qui a réalisé des expériences sur les animaux, notamment sur un lapin, réussie en décembre.
Un marché potentiel pour ce type d'opération
L'année dernière, le chirurgien Guo Shuzhong, avait affirmé au Quotidien du peuple que le principal problème pour les greffes de visage n'était pas la technique mais l'absence de donneurs. Mais si l'on trouvait suffisamment de donneurs, il existe en Chine un marché potentiel important pour ce type d'intervention, selon des informations de presse parues avant l'intervention. Un million de Chinois souffrent chaque année de graves blessures au visage dues à des accidents et 5% au moins d'entre eux restent défigurés.
Les transplantations du visage font partie des taches les plus compliquées de la chirurgie moderne. Elles combinent la micro-chirurgie de nerfs et de vaisseaux sanguins, un fort risque de rejet, et le choc psychologique d'un patient qui se trouve doté d'un nouveau visage.
(D'après AFP)
Image du greffé. LCI.
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