
Dans un discours à l'Elysée, jeudi en fin de matinée, le président de la République a présenté la deuxième phase du Plan cancer, lancé il y a trois ans. Trois ans pendant lesquels "dans tous les domaines de la lutte contre le cancer, nous avons marqué des points", a noté Jacques Chirac, en félicitant professionnels de la santé et chercheurs.
1er axe : lutter contre les addictions
Citant le tabac, l'alcool "mais aussi le cannabis", Jacques Chirac a qualifié ces addictions de "causes majeures de cancer". "Il ne s'agit pas seulement de comportements individuels (...) Elles sont aussi des maladies qui doivent être traitées comme telles. Pour cela les esprits et notre système de santé doivent évoluer", a jugé le chef de l'Etat. "Un plan d'action global contre les addictions" sera ainsi présenté par le gouvernement "dans les mois qui viennent". Le président a également annoncé la mise en place d'un service d'addictologie dans chaque CHU et de consultations d'addictologie dans les hôpitaux. Selon lui, "l'addictologie doit également trouver toute sa place dans la formation des médecins" et "devenir un champ essentiel pour la recherche".
Concernant l'interdiction de fumer dans les lieux publics, le chef de l'Etat a annoncé que "les décisions définitives seront prises, avant la fin de l'année", à l'issue d'un "débat et une concertation approfondie", clé selon lui "pour qu'une telle évolution soit acceptée et puisse devenir effective". "Une mission parlementaire va être constituée", a-t-il ajouté, indiquant qu'une "décision définitive" sera prise avant la fin de l'année.
2e axe : améliorer le dépistage
"Deuxième domaine où il faut accélérer le pas : le dépistage", a déclaré le président. "Le dépistage du cancer du sein, si souvent promis, est maintenant généralisé", a-t-il souligné, demandant à l'Institut du cancer et à l'Assurance-maladie de "s'engager pour que le dépistage du cancer du sein devienne plus qu'un droit : une réalité pour toutes les femmes". Soulignant que les dépistages du cancer de l'utérus et du cancer colorectal sont désormais engagés, Jacques Chirac a demandé que le cancer de la prostate, "qui est le troisième le plus mortel chez l'homme" soit évalué, "dès l'an prochain, dans des régions pilotes, en vue de son éventuelle mise en place". Et de souligner : "Nous aurons ainsi le système de dépistage le plus complet du monde". Il a également souhaité "que le gouvernement et les partenaires sociaux s'engagent davantage pour renforcer la prévention des cancers professionnels".
3e axe : favoriser la recherche
Jacques Chirac a demandé au gouvernement de "lancer un programme national de recherche" en s'appuyant sur les cancéropôles ainsi que sur le centre d'étude du polymorphisme humain et sur le centre national du génotypage. Le chef de l'Etat a jugé que cette recherche était "la clé pour améliorer les diagnostics, pour avoir des traitements plus efficaces, ciblés et mieux tolérés". "Encore impossible il y a trois ans, l'analyse à grande échelle des prédispositions génétiques au cancer peut désormais être engagée", a-t-il assuré.
Par ailleurs, le président a souhaité que l'accompagnement des malades soit amélioré. Lors de l'annonce de la maladie et de son traitement mais aussi pour faciliter leur retour à la vie quotidienne et à l'emploi. Il faut également leur faciliter l'accès à l'assurance et à l'emprunt. Enfin, Jacques Chirac a déclaré : "En matière d'équipements, nous avons rattrapé notre retard et réduit de près de 40% les délais d'attente pour un examen IRM. Nous allons poursuivre notre effort d'équipement et améliorer son utilisation".
Environ 150.000 Français meurent de cancer chaque année. Or un tiers des cancers sont évitables, et 30% sont dus à la consommation du tabac, même si la France compte 1,4 million de fumeurs en moins depuis 2000.
photo : Jacques Chirac présentant la deuxième étape du Plan cancer (LCI)
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