© INTERNEComment lutter efficacement contre une éventuelle pandémie de grippe humaine ? Une équipe anglo-américaine s'est penchée sur la question par le biais de simulations mathématiques réalisées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. La revue scientifique britannique Nature en publie mardi les résultats.
Principaux enseignements : l'isolement et le traitement rapide des malades et de leur entourage pourraient être les éléments clés de cette stratégie à adopter.
Commençons par l'isolement : des restrictions des entrées aux frontières et de la circulation à l'intérieur du pays ne devraient pas retarder de plus de deux à trois semaines la propagation de l'épidémie. Toutefois, réduire de 99,9% le trafic de voyageurs en provenance de l'étranger, en fermant quasi-totalement les frontières, pourrait toutefois permettre d'allonger ce délai à environ six semaines.
Dès l'apparition des symptômes
Hors mesures pour juguler l'épidémie, les scénarios de départ prévoient que le pic maximal de l'épidémie serait atteint en Grande-Bretagne 50 à 65 jours après le premier cas survenant dans ce pays. De 60 à 80 jours, aux Etats-Unis. Les scénarios supposent que 55% à 68% de la population serait infectée et que la moitié des personnes infectées - soit 28% à 34% de la population - nécessiteraient une prise en charge médicale, selon que le virus serait moyennement ou hautement transmissible.
Traiter les patients dès le premier jour d'apparition des symptômes, lorsqu'ils sont les plus contagieux, permettrait de limiter à 29% (au lieu de 34%) le taux global de personnes malades dans un scénario de haute transmissibilité du virus (chaque malade contamine en moyenne deux autres personnes).
Isoler rapidement au moins 90% des malades pour réduire la contagion pourrait avoir un impact similaire. Fermeture des écoles, mises en quarantaine et traitement de l'entourage des malades, vaccinations partielles figurent parmi les autres mesures dont l'impact est analysé, mais c'est leur combinaison qui s'avère la plus efficace.
Diviser par trois le nombre de cas
S'il y a assez de médicaments antiviraux pour traiter 50% de la population, associer fermeture rapide des écoles et traitement préventif de l'entourage des malades pourrait permettre de réduire de près de moitié (40% à 50%) le nombre global de malades. L'impact serait accru si la famille des malades acceptait de s'isoler à domicile.
Assurer plus largement encore des traitements antiviraux préventifs pourrait permettre de diviser par quatre le nombre de cas de grippe. "Etre membre d'une famille comprenant un cas de grippe serait en fait le plus grand facteur de risque d'être infecté soi-même", soulignent Neil Ferguson et ses collègues. D'où la difficulté éthiquement d'imposer une quarantaine à l'entourage sans lui proposer un traitement antiviral préventif, ajoutent-ils.
Si un vaccin, dirigé contre un virus aviaire et donc non parfaitement adapté au virus pandémique lui-même, était disponible en quantité suffisante pour vacciner 20% de la population, cela permettrait de réduire le nombre de personnes infectées. Vacciner en priorité les enfants dans les premières semaines de la pandémie pourrait alors diminuer d'un tiers de nombre de cas de grippe, souligne l'Imperial College London dans un communiqué. Combiner ce type de vaccination préventive et un traitement antiviral dans l'entourage des malades pourrait diviser par trois le nombre de cas.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




