Pas d'erreur pour le test de médicament qui a mal tourné

Par Par Matthieu DURAND, le 07 avril 2006 à 07h00 , mis à jour le 06 avril 2006 à 16h47

Aucune faute ne semble avoir été commise lors de l'essai clinique qui a provoqué l'hospitalisation de six personnes en mars à Londres. Les autorités sanitaires britanniques vont toutefois poursuivre leur enquête. L'un des malades, surnommé "Elephant Man", a raconté son calvaire à la presse.

hopital infirmiere © INTERNE

Le 13 mars dernier, six hommes intégraient le service des soins intensifs de l'hôpital londonien de Northwick Park, après l'essai clinique d'un nouveau médicament qui avait mal tourné. Deux d'entre eux se trouvaient dans un état critique, quatre dans un état grave. Deux enquêtes, sanitaire et judiciaire, ont été lancées. L'Agence britannique de régulation des médicaments, le MHRA, a rendu mercredi un rapport d'étape.

Le MHRA indique n'avoir trouvé "aucune preuve suggérant qu'il y avait un problème quelconque avec la conception du produit donné aux volontaires du test". Le TGN1412, un médicament contre la leucémie et la sclérose en plaques développé par la compagnie allemande TeGenero, n'a pas non plus été "contaminé". L'essai clinique a par ailleurs été mené selon les protocoles adéquats et les patients ont reçu "la dose correcte du produit", précise encore l'organisme.

Des tests plus poussés doivent encore être réalisés mais si ces résultats étaient confirmés, note l'agence britannique, cela signifierait que le TGN1412 provoque "un effet pharmacologique chez l'homme qui n'a pas été constaté lors d'essais pré-cliniques sur les animaux à des doses beaucoup plus fortes". Les autorités sanitaires britanniques ont décidé de constituer un groupe d'experts internationaux pour se pencher sur cette affaire et pour étudier les changements éventuels à apporter aux essais cliniques au Royaume-Uni.

"Elephant Man" raconte

L'un des volontaires, Mohamed Abdelhady, âgé de 28 ans, a récemment raconté son calvaire à la presse britannique. Son visage et sa poitrine avaient tellement gonflé que sa fiancée l'avait comparé à "Elephant Man". Les effets du médicament ont été immédiats. A tel point que Mohamed Abdelhady a tout de suite su que les choses ne se passaient pas normalement avant même qu'il teste le médicament. "Si tout le monde a commencé à se sentir malade, pourquoi ont-ils continué [l'essai] ?", a-t-il demandé. Et d'expliquer qu'après avoir reçu sa dose de médicament, il avait "l'impression que des pierres étaient jetées à travers ma tête".

Des stéroïdes lui ont été prescrits pendant cinq jours. Sa peau a commencé à peler et les médecins l'ont prévenu que son système immunitaire avait pu subir des dommages à long terme. A ce jour, quatre des six volontaires hospitalisés ont pu rentrer chez eux. Le plus atteint est toujours dans l'unité de soins intensifs mais il est désormais conscient et ses progrès sont encourageants, selon l'équipe médicale. Huit personnes avaient participé à l'essai clinique, moyennant une rémunération de 2.000 livres sterling. Deux volontaires ont eu de la chance : ils avaient reçu un placebo.

photo : archives

Par Par Matthieu DURAND le 07 avril 2006 à 07:00
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