L'Evangile de Judas réapparaît 17 siècles après sa disparition

le 07 avril 2006 à 08h56 , mis à jour le 07 avril 2006 à 10h04

Après avoir disparu pendant près de 1.700 ans, la seule copie connue de l'Evangile de Judas, rendue publique jeudi, révèle les relations de celui-ci avec Jésus sous un jour différent du traître l'ayant vendu aux Romains.

TF1/LCI Manuscrit Judas

Le manuscrit de 25 pages en papyrus, écrit en copte dialectal, révélé par la revue américaine the National Geographic, a été authentifié comme datant du 3e ou 4e siècle. C'est une copie d'une version plus ancienne rédigée en grec. Contrairement à la version des quatre Evangiles officiels, ce texte indique que Judas était un initié ayant trahi Jésus à sa demande pour assurer la rédemption de l'humanité.

Une découverte spectaculaire

Le passage clé du document est attribué à Jésus disant à Judas: "Tu les surpasseras tous. Tu sacrifieras l'homme qui m'a revêtu". Selon les exégètes, cette phrase signifie que Judas contribuera à libérer l'esprit de Jésus en l'aidant à se débarrasser de son enveloppe charnelle. "Cette découverte spectaculaire d'un texte ancien, non-biblique, considéré par certains experts comme l'un des plus importants mis au jour depuis les 60 dernières années, étend notre connaissance de l'Histoire et des différentes opinions théologiques du début de l'ère chrétienne", a souligné Terry Garcia, un des responsables de la revue américaine.

"Bouleverse notre compréhension de l'aube du christianisme"

L'existence de l'Evangile de Judas avait été attestée par le premier évêque de Lyon, la capitale des Gaules (France), Saint-Irénée, qui l'avait dénoncé dans un texte contre les hérésies vers le milieu du IIe siècle. "La découverte étonnante de l'Evangile de Judas comme de ceux de Marie-Madeleine et de nombreux autres de ces documents dissimulés pendant près de 2.000 ans bouleverse notre compréhension de l'aube du christianisme", a estimé Elaine Pagels, professeur de religion à l'université de Princeton et l'une des grandes spécialistes mondiales des évangiles gnostiques. "Ces découvertes font voler en éclat le mythe d'une religion monolithique et montrent combien le mouvement chrétien était réellement divers et fascinant à ses débuts", a-t-elle ajouté.

Un manuscrit en mauvais état

Le document bordé de cuir a été découvert dans les années 70 dans le désert égyptien près de El Minya. Il a ensuite circulé parmi les courtiers en antiquités pour se retrouver d'abord en Europe puis aux Etats-Unis où il est resté dans un coffre d'une banque à Long Island (New York) pendant 16 ans avant d'être racheté en 2000 par l'antiquaire suisse Frieda Nussberger-Tchacos. Inquiet de la détérioration du manuscrit, l'antiquaire l'a confié à la fondation suisse Maecenas en février 2001 afin de le préserver et de le traduire. Après avoir restauré le document, le travail d'analyse et de traduction a été confié à une équipe de coptologues dirigée par le professeur Rudolf Kasser, un retraité de l'Université de Genève. Celui-ci a dit ne jamais avoir vu un manuscrit en aussi mauvais état. Des pages étaient manquantes, le haut des pages où figuraient les numéros s'était brisé et il y avait près d'un millier de fragments.

Conservé au musée copte du Caire

Pour reconstituer "le puzzle le plus complexe jamais créé par l'Histoire", le professeur Kasser a été épaulé dans sa tâche par le conservateur du papyrus, Florence Darbre, et l'expert en copte dialectal Gregor Wurst de l'université d'Augsburg (Allemagne). Le document, appelé "Codex de Tchacos", sera remis à l'Egypte et conservé au musée copte du Caire. Le National Geographic y consacre un long article dans son numéro de mai et ouvrira une exposition le 7 avril à son siège à Washington où le public pourra voir des pages du manuscrit. La revue, en collaboration avec la fondation Maecenas, présentera aussi aux Etats-Unis un documentaire de deux heures sur sa chaîne de télévision cablée le dimanche 9 avril. Le manuscrit a été traduit en anglais, allemand et français et fait aussi l'objet de deux ouvrages.

Manuscrit de l'Evangile de Judas. Image LCI.

le 07 avril 2006 à 08:56
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8 Commentaires

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  • JURGENS, le 07/04/2006 à 16h20

    Faire référence à ONFRAY, n'est pas signe de culture. Son traité d'athéologie relève de l'ineptie la plus totale : il n'y a qu'à voir que pour lui, lorsqu'une femme choisit la maternité, elle cesse d'être femme !!! Il ne fait qu'éructer et non penser.

  • Fouad, le 07/04/2006 à 14h50

    «Tu sacrifieras l'homme qui m'a revêtu». Qui est cet homme ?L'interpretaion la plus logique de ce passage serait que Juda a sacrifié une personne autre que Jesus. Or voila ce que dit le Coran sur le « sacrifice » de Jesus : « et à cause leur parole : "Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager de Dieu"... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué. » 4.157 Les deux passage cooresponde : « l'homme qui m'a revêtu » = « ce n'était qu'un faux semblant ! ». Le temps de la vérité est-il arrivé ?

  • Jack, le 07/04/2006 à 13h36

    Lisez donc le "Traité d'athéologie" de Michel Onfray. Vous comprendrez pourquoi ces soit-disant textes bibliques ne sont que des fariboles. Tout a été écrit bien après l'éventuelle existance d'un hypothétique prophète nommée Jésus. Incroyable que des gens croient encore à ces contes de fées en 2006 !

  • Nono, le 07/04/2006 à 13h26

    Intéressant cet évangile!!! Si judas a été un instrument entre les mains de Dieu pour "libérer l'esprit de Jésus en l'aidant à se débarrasser de son enveloppe charnelle" , pourquoi se serait-il pendu après avoir trahi son maître??? (Matthieu chap.27,verset 5 Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre.) La réponse dans le prochain évangile...

  • François, le 07/04/2006 à 12h28

    Je rapplele pour ceux qui ne savent pas lire le copte dialectal que le Da Vinci Code sort dans un mois et demi... Bref, rien de sensationnel. Lisez d abord les 4 evangiles dites canoniques, appréciez les ou destestez les, avant de vous jeter sur des écrits ou des films qui apportennt peu, sinon rien, de nouveau.

  • Jean-Charles, le 07/04/2006 à 10h33

    Le 4° siècle a vu un foisonnement inouï de ce genre de texte qui fait partie de la somme apocryphe et gnostique de ce temps. Pour mémoire les Evangiles canoniques ont tous été rédigés au 1° siècle. D'autre part, personne n'a jamais été assez fou pour affirmer que l'histoire de la chrétienté était monolithique - encore moins le Vatican. Pour s'en convaincre il suffit de constater aujourd'hui la multitude des Eglises qui composent la chrétienté. Si cette Elaine Pagels est bien une historienne de la religion (ça fait peur), alors il n'y a bien qu'elle qui peut croire à ce genre de "mythe" ! Bref, on cherche à sensationaliser du banal et du archi-connu, sans doute pour enfler quelques comptes en banque et quelque orgueil mal placé. Elle cite Irénée : j'invite tout le monde à lire son traité "Contre les hérésies" pour le vérifier par eux même. Il ne l'a pas écrit uniquement pour se faire plaisir.

  • Alexis, le 07/04/2006 à 10h27

    Ni "passionnant", ni "bouleversant", mais une déformation gnostique de plus du message évangélique, comme il y en a eu tant d'autres ! Mais le signe d'un temps en tout cas : la gnose revient à la mode avec son cortège de soi-disant mystères impénétrables aux non-initiés...

  • Bellenchombre, le 07/04/2006 à 10h01

    Je désire en savoir plus et je n'ai pas de chaine cablée c'est plus que passionnant et nous restons sur notre faim merci de me donner de plus amples renseignements

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