© TF1La guerre fumeurs/non-fumeurs dans les restaurants ou autres cafés va certainement trouver une conclusion avec la probable annonce de l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics. Le ministre de la Santé Xavier Bertand est arrivé à 12h30 à Matignon pour présenter au Premier ministre ses conclusions en la matière. Le porte-parole du gouvernement a indiqué lors de son point de presse après le Conseil des ministres qu'il s'agissait à ce stade d'une "réunion de travail" qui ne ferait l'objet d'aucune déclaration. Une réunion qui doit servir à fixer une méthode de travail.
Les fumeurs vont certainement devoir se faire une raison : il va devenir difficile d'en griller une dans tous les lieux accueillant du public et notamment dans les cafés, bars et restaurants. Des solutions sont évoquées depuis quelques jours, notamment celle du fumoir hermétique, qui pourrait se traduire pour beaucoup en un casse-tête inextricable.
Si la finalité ne fait aucun doute, on reste encore dan le flou quant à la méthode que le gouvernement va adopter pour faire passer le texte. Deux pistes sont envisagées par le ministre : une loi ou un décret. Le ministre indiquait par ailleurs son intention de "protéger les non-fumeurs" du tabagisme passif qui fait, a-t-il dit dimanche, de 3.000 à 5.000 morts par an en France.
Les restaurateurs et cafetiers partagés
Les commerçants concernés par la mesure restent sceptique. Certains appellent à la mobilisation comme la Confédération des débitants de tabac qui demandent aux buralistes de participer à un meeting de protestation le 25 avril. Ces derniers souhaitent obtenir une dérogation pour que le bureau de tabac reste un endroit de vie convivial et surtout le dernier où l'on peut fumer en toute liberté. De son côté, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), toujours opposée à une interdiction totale de fumer dans les lieux publics, a proposé mardi qu'un fumoir soit réservé aux fumeurs.
Côté politique, c'est le consensus au nom de la santé publique. Néanmoins, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a invité mardi à ne pas "se précipiter" préconisant de "débattre" avant toute éventuelle loi sur le sujet. Un député UMP du Bas-Rhin, Yves Bur, juge, en outre que le recours au décret permettait "de contourner la case Assemblée, mais ne dispensera pas le gouvernement d'une explication". Ce partisan d'un loi affirme que dans les rangs de la majorité certains de ses collègues avaient "peur de tout ce qui pourrait contrarier une partie de l'opinion, même minoritaire". Et de là à y voir une conséquence de la crise du CPE, il n'y a qu'un pas.
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