© INTERNELe pharmacien parisien dont l'officine a préparé des gélules amaigrissantes ayant entraîné la mort d'une personne a été mis en examen vendredi pour "homicide involontaire" et "blessures involontaires avec incapacité totale de travail inférieure ou supérieure à huit jours", "mise en danger de la vie d'autrui", le tout "par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence" et "tromperie sur la composition d'un produit". Il a été placé sous contrôle judiciaire. Le juge des libertés et de la détention n'a pas suivi la demande d'incarcération du parquet. Le contrôle judiciaire empêche notamment le pharmacien de quitter la France et de rencontrer les victimes, selon cette même source.
L'information judiciaire ouverte par le parquet de Paris a été confiée à la juge d'instruction Anne-Marie Bellot qui a mis en examen le pharmacien. Cent vingt-six personnes susceptibles d'avoir pris de dangereuses gélules amaigrissantes à base d'extraits thyroïdiens, préparées par cette même pharmacie parisienne du XVIIe arrondissement, ont été identifiées jeudi par les autorités sanitaires. Parmi elles, quatorze personnes sont encore hospitalisées, dont cinq sont dans un état grave, et une est décédée, selon la Direction générale de la santé. Le pharmacien, déjà entendu la semaine dernière, avait été déféré jeudi soir au parquet de Paris à l'issue de sa garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), chargée de l'enquête.
"Irréalité absolue"
A ce stade de l'enquête, il n'est toujours pas certain que toutes les personnes à qui ces gélules ont été prescrites et délivrées par cette pharmacie aient pu être jointes. "Les personnes ayant reçu ces produits et qui ont des troubles, comme palpitations, fièvres, vomissements, diarrhée, doivent consulter rapidement un médecin ou contacter le centre 15 en lui signalant cette consommation", a mis en garde la DGS.
Un seul médecin, spécialisé dans la perte de poids, est impliqué dans les prescriptions, "mais il y en a peut-être d'autres", avait expliqué le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé, en qualifiant mardi l'affaire de "très préoccupante". La pharmacie Demours en cause (80 rue de Prony, dans le 17e arrondissement de Paris) a fait l'objet d'une fermeture provisoire.
"On est dans l'irréalité absolue par rapport à une profession qui fait correctement son travail", a déclaré vendredi Jean-Luc Audhoui, membre du conseil national de l'Ordre des pharmaciens. "On est dans un domaine qui justifie qu'il y ait une enquête préliminaire et qu'il y ait une garde à vue", a-t-il estimé. "Une préparation magistrale, c'est un médicament qui est prescrit par un médecin, pour un malade et préparé par un pharmacien", a rappelé Jean-Luc Audhoui. "Or, là on est avec un médecin, un pharmacien et 126 malades. On est dans une organisation qui relève d'une enquête", a-t-il asséné. Dans cette affaire, "on recherche les personnes ayant pris une préparation portant le numéro 111.300 et on en a déjà identifié 126. Or le principe d'une préparation c'est qu'elle porte un numéro pour une personne", a-t-il observé.
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