© INTERNEClaude Evin, ancien ministre de la Santé et président de la Fédération hospitalière de France, n'hésite pas à parler d'une "dégradation historique" des finances des hôpitaux publics. "Hier (mercredi), le ministre de la Santé Xavier Bertrand disait que la décélération des dépenses d'assurance maladie était "historique". Moi je dis que la dégradation de la situation financière des hôpitaux est aussi historique", a déclaré Claude Evin, lors d'une conférence de presse. "Il manque un milliard d'euros pour le démarrage de l'exercice budgétaire et si on rajoute les plans de santé publique (...), il manque 1,5 milliard d'euros aux établissements pour assurer l'ensemble des missions", a-t-il poursuivi, alors que la FHF, qui représente la quasi-totalité des établissements publics, tire depuis plusieurs mois la sonnette d'alarme.
"Certes le ministre de la Santé dit qu'il a donné deux milliards de plus, c'est vrai. Mais pour maintenir les missions imposées et l'emploi, il nous faudrait avoir 1,5 milliard supplémentaire", a ajouté Claude Evin. A ses côtés, le président de la conférence des directeurs généraux des CHU (Centres hospitalo-régionaux) de France, Paul Castel, a jugé la situation "extrêmement préoccupante" : selon lui, 18 CHU sur 31 s'apprêtent à présenter un compte de résultats en déficit.
"Geler les postes, geler l'investissement ou s'endetter"
"En nous mettant cette chape de plomb, on est en train de tuer les réformes" engagées depuis trois ans, telles que la tarification à l'activité et la réforme de la gouvernance (organisation interne)", a encore déploré Claude Evin. "Or nous avons besoin de ces réformes", même si "nous contestons les modalités de leur mise en place. Nous souhaitons que la T2A, la gouvernance réussissent", a-t-il dit.
Selon Francis Fellinger, représentant les médecins hospitaliers des hôpitaux généraux, les établissements n'ont "que trois ou quatre alternatives : geler les postes, geler l'investissement ou s'endetter pour l'avenir, ou encore augmenter leur activité, mais ce qui se traduirait par la suite par une baisse des prix" remboursés par l'assurance maladie aux établissements pour leur activité.
Photo d'ouverture : archives
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