Mort du professeur Jean Bernard

le 21 avril 2006 à 12h26 , mis à jour le 21 avril 2006 à 21h56

Le professeur Jean Bernard, spécialiste de cancérologie, est décédé lundi à Paris à l'âge de 98 ans. Ses obsèques ont lieu ce vendredi dans l'intimité familiale. Membre de l'Académie française, le professeur Bernard était également un grand résistant.

[Expiré] [Expiré] le professeur jean bernard © AFP

Le professeur Jean Bernard, médecin, spécialiste de renommée internationale d'hématologie et de cancérologie, est décédé lundi à Paris à l'âge de 98 ans, a annoncé son entourage. Ses obsèques ont lieu ce vendredi dans l'intimité familiale. Elu à l'Académie des sciences en 1972, à l'Académie de médecine en 1973 et à l'Académie française en 1975, Jean Bernard alliait à ses qualités de chercheur celles d'un philosophe et d'un poète. C'est grâce aux travaux de celui qui devait affirmer : "Plus je vais, plus la mort d'un enfant et la maladie me paraissent scandaleuses", qu'à partir des années 60, on est parvenu à guérir un enfant sur deux atteints de leucémie.

Né le 26 mai 1907 à Paris, élève du lycée Louis-le-Grand puis de la Faculté de médecine, il devint médecin des hôpitaux à l'hôpital Saint-Louis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il avait dirigé un réseau de résistance dans le Sud-Est. Professeur agrégé de médecine (1949), il se vit confier en 1954 la direction du Centre de recherches expérimentales sur la leucémie et les maladies du sang. Nommé professeur de cancérologie médicale et sociale (1956) puis de clinique des maladies du sang (1965) à la Faculté de médecine de Paris, il présida de 1967 à 1980 l'Institut national de la santé et de la recherche médical (INSERM), dont il devait demeurer haut-conseiller auprès du directeur-général. Membre du conseil d'administration de l'Institut Pasteur (1967-70), il fut successivement membre (1972-80), vice-président (1980-82) puis président (1982-84) de l'Académie des sciences. En 1980, il quitta la direction du service d'hématologie et de cancérologie de l'hôpital Saint-Louis.

La sagesse face à la science

Homme de culture et humaniste à la manière d'un savant de la Renaissance, le professeur Jean Bernard s'était toujours préoccupé de "l'absence totale de progrès de la sagesse face aux prodigieux progrès de la science et des techniques". Une question plus que jamais d'actualité avec le développement des greffes d'organes et les manipulations génétiques. Grand-croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45, Commandeur des Arts et Lettres, il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'homme changé par l'homme, De la biologie à l'éthique et Espoirs et sagesse de la médecine.

"L'honneur de la médecine et ses difficultés sont dans cette alliance du devoir de science et du devoir d'humanité", expliquait le professeur Bernard sur le site Internet de la FRM. "La médecine du XXIe siècle sera une médecine de prévention, de prédiction, écrivait-il encore. Elle parviendra, assez souvent, à éviter l'apparition des maladies, à remettre de l'ordre dans le corps, à corriger les cellules malignes au lieu de les détruire. Tout à la fois, elle reconnaîtra le caractère unique de chaque être humain et s'efforcera d'être universelle."

Jacques Chirac a rendu hommage vendredi au professeur Bernard. Dans une lettre à ses enfants rendue publique par l'Elysée, le chef de l'Etat a écrit : "Notre pays perd un grand médecin et un esprit pionnier", soulignant que la recherche médicale "doit beaucoup à ce médecin d'exception". Le professeur Jean Dausset, prix Nobel de médecine, a exprimé pour sa part sa "tristesse" à l'annonce de cette disparition. "C'était vraiment un maître qui a suivi et guidé toute ma carrière. Je lui en suis extrèmement reconnaissant," a-t-il déclaré.

photo : AFP

le 21 avril 2006 à 12:26
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8 Commentaires

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  • Luce, le 19/04/2009 à 14h58

    Un de mes premier stage a été chez ce superbe professeur ...il m'a donné l'humilité ..le soif des connaissances et m'a appris le véritable sens du mot médecin ... .je lui dois mon engagement en pédiatrie .....jamais j'oublierais ses découvertes et son sens de l'humain ...et sa douceur et fermeté dans son enseignement ....merci Mr Jean Bernard

  • Jean, le 21/04/2006 à 14h28

    Un grand savant, d'une grande sagesse; bien éloigné de tous ces chercheurs avides de brevets, de reconnaissance médiatique, de bluff intellectuel...

  • Thierry, le 21/04/2006 à 14h11

    A l heure ou l on nous bassine avec des TV rélités et autres co... du show biz ,,, voilà les vrais héros , ceux dont on ne parle jamais , des grands hommes et qui plus est ancien résistant .. Paix à son âme et que les français méditent sur de telles pertes. Condoléances à sa famille et ses proches.

  • Vastre, le 21/04/2006 à 14h07

    Un grand homme a disparu : honneur à lui et sincères condoléances à sa famille. Monsieur Bernard n'était pas seulement un éminent expert en médecine mais aussi un humaniste.

  • L'esquimau, le 21/04/2006 à 13h56

    Voici quelqu'un digne d'entrer directement au PANTHEON!Il mériterait un prix NOBEL à titre posthume pour l'étendue de son oeuvre tant scientifique que philosophique.De plus,il faudrait se souvenir de son parcours de Résistant... ADIEU,MONSIEUR,qui fûtes un de mes maîtres

  • Annick, le 21/04/2006 à 13h48

    Nous perdons un grand professeur, un grand homme, un humaniste comme il en reste très peu. A sa famille, à ses proches, mes condoléances les plus émues.

  • Bel, le 21/04/2006 à 13h30

    Une grande perte pour la france.

  • Lyn, le 21/04/2006 à 12h55

    C'est un grand Homme qui nous quitte. Le monde médical perd un Grand Professeur. Il ne faut pas oublier son action pendant la guerre où il fut l'un des plus grand résistant. Très sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toute la médecine.

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