La "nouvelle vie" de la greffée du visage

le 30 avril 2006 à 09h52 , mis à jour le 30 avril 2006 à 10h36

Cinq mois après son opération, Isabelle Dinoire, bénéficiaire de la première greffe partielle du visage après avoir été défigurée par son chien, a "retrouvé une sensibilité totale". Elle raconte son quotidien et ses progrès dans le Journal du Dimanche.

greffée visage dubernard première apparition © LCI

 "Les cicatrices se sont considérablement estompées. Les médecins sont confiants, ça va encore s'améliorer. En plus j'ai retrouvé une sensibilité totale", raconte cette femme de 38 ans, mère de deux enfants, qui ne s'était pas exprimée depuis son unique apparition publique en février dernier. Le visage n'est pas encore parfait et Isabelle se dissimule encore pour sourire. "J'ai encore un petit problème de mobilité, de symétrie comme disent les médecins", explique-t-elle, ajoutant qu'elle a aussi "un peu de mal à prononcer les labiales".

Des progrès considérables

Mais les progrès sont là. "Au début j'avais du mal à me faire comprendre alors qu'aujourd'hui ça passe tout seul dans les phrases", raconte-t-elle. Pour éviter un rejet de la greffe, la jeune femme reste sous surveillance étroite et doit suivre un traitement immunosuppresseur mais elle se réjouit d'être passée "de vingt comprimés par jour à seulement une dizaine". Reste la difficulté à s'habituer à un visage qui n'est pas le sien. A l'exception d'une glace grossissante qui lui sert à détecter le moindre indice d'un possible rejet, elle n'a toujours pas raccroché les miroirs dans son appartement. "C'est trop tôt", dit-elle. Et quand elle ressort des photos d'avant, elle se rassure en se disant que "les photos sont beaucoup trop vieille" qu'elle est "beaucoup trop jeune dessus".

"Grâce à eux je suis redevenue visible"

Isabelle Dinoire ne parvient pas non plus encore à sortir seule, "sauf en bas de chez elle pour promener le cocker qu'elle a acheté". Le JDD revient aussi sur les circonstances de son accident: "Son chien, un beauceron croisé labrador, lui aurait déchiqueté le visage en tentant de la réveiller alors qu'elle gisait, inanimée, après avoir pris des médicaments. Les médecins n'ont jamais voulu confirmer qu'il s'agissait d'une tentative de suicide". Le 27 novembre dernier, à Amiens, Isabelle recevait la première greffe nez-lèvres-menton du monde. Une intervention réalisée avec succès par les professeurs Bernard Devauchelle, Jean-Michel Dubernard et leur équipes.

Comme lors de sa conférence de presse, en février dernier, dans l'article du JDD, Isabelle Dinoire rend hommage à la donneuse et à sa famille: "Chaque jour qui passe, je pense surtout à la donneuse et à sa famille que je ne remercierai jamais assez. Il ne faut pas oublier que grâce à eux je suis redevenue visible" dit-elle.

Image LCI: Isabelle Dinoire lors de sa conférence de presse en février dernier.

le 30 avril 2006 à 09:52
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2 Commentaires

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  • Véronique, le 01/05/2006 à 07h43

    Son chien, un beauceron croisé labrador, lui aurait déchiqueté le visage en tentant de la réveiller alors qu'elle gisait, inanimée, après avoir pris des médicaments. Les médecins n'ont jamais voulu confirmer qu'il s'agissait d'une tentative de suicide". De quoi s'interroger ?

  • Vastre, le 30/04/2006 à 10h56

    Chaleureuses félicitations à Monsieur Dubernard et à tous les autres chirurgiens et personnels de santé qui ont participé à cette première ! Ils ont fait avancer la science et la technique, prouvant ainsi qu'il n'y a pas que des idiots dans notre pays. Bravo et merci !

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