
Cachés derrière des arbres, ils ont poussé des cris, agité des clochettes et fait exploser des pétards pour effrayer la bête. Des dizaines de militants anti-ours ont manifesté bruyamment mardi soir à Arbas (Haute-Garonne) au moment où le plantigrade slovène baptisé Palouma devait être réintroduit dans les Pyrénées françaises. Résultat de ce tintamarre : le lâcher de l'ourse a été reporté. Et son véhicule de repartir pour une destination inconnue.
Présente sur place, la ministre de l'Ecologie Nelly Olin, présente sur place, a dénonçé "la bêtise humaine, une manifestation indigne, inacceptable". "Cette ourse sera lâchée", a-t-elle affirmé, son entourage indiquant que l'animal allait être mis en sécurité "pour un moment".
Après le report du lâcher et le départ des personnalités conviées à cette remise en liberté avortée, la manifestation se poursuivait, la ministre n'ayant pas pu obtenir son arrêt auprès d'un porte-parole des anti-ours, Philippe Lacube, de l'association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (ASPAP). La ministre lui a indiqué que "sa porte" était ouverte tandis que M. Lacube dénonçait à nouveau le "manque de concertation". "Plusieurs interpellations" ont été effectuées.
"Laisser les habitants vivre en paix"
L'ourse, une femelle âgée de 4 à 5 ans avait été capturée dans la nuit de lundi à mardi dans une forêt slovène et transférée par la route jusqu'à Arbas. Juste avant que le convoi n'arrive au village d'Arbas, dont les accès étaient filtrés par les forces de l'ordre, une dizaine d'autres manifestants avaient brièvement réussi à le retarder, se couchant sur un pont à un kilomètre du village avant d'être fermement évacués.
"Nous demandons qu'on laisse les habitants de la montagne travailler et vivre en paix, ce qui sera de moins en moins possible avec l'ours", avait alors déclaré Augustin Bonrepaux, deputé (PS) et président du conseil général de l'Ariège, qui se trouvait parmi eux.
Arbas, 250 habitants, est la première des quatre communes pyrénéennes volontaires pour accueillir cinq nouveaux ours, qui viendront renforcer une population de 14 à 18 individus. Enthousiaste, le village a prénommé le sien Palouma, référence au massif de Paloumère dans lequel l'ourse devait être lâchée mardi soir et qui désigne aussi localement la colombe, symbole de paix.
Palouma avait fait le voyage dans le plus grand confort, un camion à conteneur cylindrique pour éviter toute blessure, spécialement conçu avec réserve d'eau, climatisation, caméras vidéos. Avant de retrouver le grand air, elle a été marquée à l'oreille et munie d'un radio-émetteur au collier qui signalera sa position pendant deux à trois ans par satellite. Une fois la batterie vide, ce collier spécial de 300 grammes s'éjectera de lui-même.
(La tentative avortée du lâcher de Palouma, mardi soir/TF1,LCI)
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