
L'opération débute samedi dans le sud-est de la Slovénie mais les choses sérieuses ne vont vraiment commencer qu'à partir de mardi, quand les spécialistes slovènes "vont commencer à pister" les ours, a expliqué à l'AFP une porte-parole du ministère de l'Ecologie. "Il fait encore froid en Slovénie, il faut que les ours sortent de leur hibernation. Dès qu'il y en aura un de pris, on lui fera passer des tests sanitaires et 24 heures après il sera en France", a-t-elle précisé. Les Slovènes se mettront alors immédiatement à la recherche d'un second ours, puis d'un troisième et ainsi de suite jusqu'à ce que les cinq aient été capturés. L'opération devrait prendre fin d'ici le 1er juillet.
L'ours réintroduit dans quatre communes
Quatre communes des Pyrénées se préparent à accueillir les ours slovènes. Le premier sera relaché sur la commune d'Arbas (Haute-Garonne), les deux suivants à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) et les deux derniers à Burgalay et Bagnères-de-Luchon, en Haute-Garonne. Le lâchage sur le site se fera dans la plus grande discré
tion. Chaque ours sera bagué avec une puce électronique qui permettra de le suivre pendant environ un an et demi.
Les dernières introductions d'ours slovènes dans les Pyrénées remontent à 1996-97. Ils sont aujourd'hui moins d'une vingtaine - entre 14 et 18 selon les estimations officielles. Un trop petit nombre pour assurer le maintien de l'ours dans cette région. D'autant que les femelles sont déficitaires dans la population actuelle. Avec l'arrivée des nouveaux, parmi lesquels 4 femelles, les risques de consanguinité, une des principales menaces actuelles, seront réduits, selon la ministre de l'Ecologie Nelly Ollin.
Maintenir durablement l'ours dans les Pyrénées nécessiterait toutefois plus que cinq nouveaux représentants, reconnaît le ministère. Le plan actuel de renforcement de la population des ursidés a été limité à 5 individus contre une quinzaine annoncée l'an passé. En fait, il s'agit surtout de compenser la disparition accidentelle de trois ours, Cannelle tuée par un chasseur en 2004, Melba et Claude, morts en 1997 et 1994.
Colère des éleveurs
Beaucoup d'éleveurs fulminent contre l'idée d'une cohabitation pacifique entre les plantigrades et les brebis et, bien que réduit au minimum, le plan de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées continue de diviser les populations concernées. Plusieurs collectivités territoriales, dont le Conseil général de l'Ariège, et des fédérations d'éleveurs, ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat, tandis que la mairie d'Arbas était le théâtre d'une violente manifestation des anti-ours le 1er avril, suivie d'un rassemblement des pro-ours le 8 avril.
(D'après AFP)
Image et carte LCI.
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