© INTERNELe ministère de la Santé vient de rappeler aux fabricants qu'il prendrait cet été un arrêté imposant pour toutes les boissons alcoolisées commercialisées en France (bières, vins et spiritueux) un message, visuel ou écrit, mettant en garde les femmes enceintes contre les dangers de l'alcool pendant la grossesse.
Il pourra s'agir soit d'un pictogramme représentant la silhouette barrée d'une femme enceinte qui porte un verre d'alcool à la bouche, soit de la phrase : "la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant". Les entreprises auront un délai d'un an, à compter de la publication de l'arrêté, pour se mettre en conformité avec la loi.
Le pictogramme a la cote
Les brasseurs se disent prêts à répondre à cette exigence. Pour le président des Brasseurs de France "la mise en oeuvre prendra nécessairement un peu de temps, compte tenu des délais d'impression de nouvelles étiquettes pour nos 400 références de produits différents". "En tant que brasseurs, nous vendons essentiellement des petites bouteilles et l'étiquette est très petite. Nous allons donc opter pour le pictogramme qui sera à la fois plus visible et plus efficace", a expliqué le représentant des fabricants qui rappelle aussi que l'étiquette comporte désormais la liste des ingrédients et des éventuels allergènes.
Décision mal acceptée
La Fédération Française des Spiritueux aurait préféré une campagne de prévention menée par les gynécologues. "Mais nous appliquerons la loi", affirme Marie-Delphine Benech, directeur général de la FFS. Là aussi, la majorité des producteurs devrait choisir le pictogramme de préférence au message écrit. Une entreprise de Bourgoin-Jallieu (Isère) Cherry-Rocher, spécialisée notamment dans les liqueurs à la cerise, a déja pris l'initiative d'en apposer sur ses bouteilles, indique la FFS. Une position partagée par Xavier Carreau, président de Vin et Société, l'association porte-parole de la filière viticole sur ces questions.
La mesure est plus difficilement acceptée à la base. "On ne va plus pouvoir lire les étiquettes des bouteilles de vins. Cela nous complique la vie", déplore André Duboscq, directeur général des Producteurs Plaimont (Gers). Selon un rapport remis en novembre 2005 au gouvernement, 700 à 3000 enfants sur les 750.000 qui naissent chaque année sont susceptibles d'être atteints d'un SAF grave, et donc d'être handicapés.
D'après AFP
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