
L'introduction de cinq nouveaux ours slovènes dans les Pyrénées est suspendue à la décision que doit rendre mardi après-midi le Conseil d'Etat, saisi par une trentaine d'associations et de communes des Pyrénées, ainsi que par le Conseil général de l'Ariège, opposés au projet. Ils ont saisi le Conseil d'Etat en référé (en urgence) pour obtenir la suspension de l'introduction de trois nouveaux ours slovènes dans les Pyrénées. Ils ont également déposé une requête en annulation de la décision ministérielle d'introduire au total cinq nouveaux ours slovènes dans cette région. Le Conseil d'Etat doit dire s'il existe des "doutes sérieux" sur la légalité de cette mesure pouvant justifier sa suspension jusqu'à ce qu'il statue sur le fond du dossier.
La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, avait annoncé le 13 mars un plan de renforcement de l'ours dans les Pyrénées prévoyant l'arrivée de quatre femelles et d'un mâle. Les lâchers dans la nature des deux premiers ours, Palouma le 25 avril et Franska le 28, ont suscité manifestations et actes de malveillance, comme le dépôt de pots de miel contenant des morceaux de verre.
Samedi devant le Conseil d'Etat, éleveurs de moutons et ministère de l'Ecologie ont confronté leurs points de vue alors que 1.000 à 1.300 anti-ours -éleveurs, habitants, élus locaux- manifestaient à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). Pour les éleveurs, la décision d'introduction des ours ne respecte pas certaines dispositions de la directive européenne sur la conservation des habitats naturels, ainsi que de la faune et de la flore sauvage.
Celle-ci prévoit notamment que les mesures prises pour le maintien de la bio-diversité (comme la sauvegarde des ours dans les Pyrénées) tiennent compte des exigences économiques et sociales des secteurs concernés et n'interviennent qu'après une consultation appropriée du public concerné. Or, les éleveurs affirment n'avoir pas été directement consultés. Ils critiquent aussi l'insuffisante prise en compte des risques sanitaires et les changements de politique de l'administration qui, selon eux, s'était engagée à ne pas lâcher d'ours en période de transhumance estivale.
Pour le ministère de l'Ecologie, ces cinq introductions visent à empêcher la disparition d'une espèce animale protégée et compensent en partie la mort des ours Claude (1995), Melba (1997) et Cannelle (2004).
(Photo : archives)
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