La Cour des comptes épingle la gestion des personnels hospitaliers

le 11 mai 2006 à 16h00 , mis à jour le 11 mai 2006 à 21h28

La gestion des ressources humaines dans les hôpitaux présente "de nombreuses lacunes", selon un rapport de la Cour des comptes. Cette publication intervient alors que les médecins hospitaliers sont en grève jusqu'à vendredi matin.

couloir infirmière hôpital clinique soins santé © INTERNE

Voici un document qui tombe à pic : alors que les médecins hospitaliers sont en grève jusqu'à vendredi matin (lire l'encadré ci-dessous), la Cour des comptes a publié jeudi un rapport sur "les personnels des établissements publics de santé". Il s'agit toutefois d'une "coïncidence complète", a affirmé le président de l'organisme, Philippe Séguin. "Je vois mal la Cour prendre un parti quelconque, a-t-il dit.

  • Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin

    Dans son rapport 2010, marqué du sceau de Philippe Séguin qui l'aura étroitement piloté jusqu'à son décès, début janvier, la Cour va s'attacher à débusquer les nombreuses anomalies dans la gestion publique.

    Publié le 08/02/2010 Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin
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Selon lui, la Cour, dans son rapport, a voulu souligner trois points : d'une part "le cadre administratif de la gestion des personnels hospitaliers n'est pas adapté aux enjeux financiers et opérationnels". D'autre part, "la gestion des ressources humaines présente de nombreuses lacunes" et enfin, "ces lacunes ont un impact direct en terme d'organisation — (...) dans certains cas de désorganisation — des services hospitaliers".

"Lourds enjeux"

"La question des personnels hospitaliers est lourde d'enjeux : enjeu financier, bien entendu, dans un contexte d'endettement sans précédent de la Sécurité sociale — même si les dépenses de personnel ne constituent pas le poste de dépenses qui progresse le plus à l'hôpital", a affirmé Philippe Séguin. L'enjeu se situe également "en terme de qualité des soins : les dysfonctionnements sont en effet nombreux et peuvent mettre en péril la continuité des soins", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le processus d'affectation et de nomination des praticiens hospitaliers, sujet de la grève de ce jeudi, le président de la 6e chambre, Michel Cretin a répondu qu"'il serait utile de donner aux instances administratives une place dans le processus de décision". Et de poursuivre : "C'est ce à quoi correspond la création d'un conseil exécutif, — qui fait partie des instances de la réforme [prévues dans le projet gouvernemental, ndlr] — qui viserait à mieux associer la direction administrative de l'hôpital à l'affectation des personnels médicaux au sein de l'hôpital".

Entre 20 et 80% de grévistes

La grève des médecins hospitaliers publics pour dénoncer la réforme de leur statut semblait assez bien suivie jeudi à la mi-journée, les syndicats avançant un taux de grévistes "de 50 à 80%" et la Direction des hôpitaux annonçant 20% de grévistes, selon des chiffres provisoires. La grève n'avait pas d'incidence forte sur la continuité des soins, les médecins pouvant être assignés par les directeurs d'hôpitaux, mais des consultations ou opérations non urgentes étaient reportées, selon les syndicats. Ces derniers dénoncent un projet ministériel qui prévoit in fine l'affectation locale des médecins hospitaliers par les directions administratives des hôpitaux, et non plus par le ministère de la Santé. Ce qui est de nature selon eux à remettre en cause leur indépendance médicale. Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a quant à lui assuré que l'indépendance médicale des praticiens serait "intégralement respectée" dans la réforme du système de nomination des médecins hospitaliers. Il s'est également engagé à recevoir "avant mercredi" la CPH et l'INPH, les deux organisations syndicales ayant appelé à la grève. Cette dernière prendra fin vendredi à 8h30.

photo : archives

le 11 mai 2006 à 16:00
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10 Commentaires

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  • Dequesne, le 13/05/2006 à 00h15

    Il est certain qu'il y a de gros problemes de gestion,mais je veux ici rendre hommage au personnel hospitalier qui accomplit un travail formidable de jour comme de nuit ,il faudrait peut etre s'inquieter des salaires ...... et aussi du manque de personnel c'est bien connu !

  • Marie, le 12/05/2006 à 19h12

    Les administratifs de centre hospitaliers (gestionnaires de carrière)sont en sous effectifs soit un pour 500 à 1000), et donc la gestion (maladie, maternité, retraites...) du personnel hospitalier est absolument très mal gérée. D'ailleurs en général mes médecins hospitaliers ne supportent pas les drh autres que leur drh. On est vraiment mal barré... Merci de me publier

  • Ludo, le 12/05/2006 à 13h17

    J-Yves de Lyon, la société n'a pas les moyens de payer ? Mais c'est un comble ! On se demande où est passée l'argent de la croissance...

  • Taz, le 12/05/2006 à 12h14

    Nous payons aussi le coût des 35 heures imposées aux hospitaliers (aux fins bassement électorales de l'équipe Jospin). Nous (hospitaliers) n'avons jamais revendiqué de travailler moins mais dans de meilleures conditions. Par ailleurs vu la lourdeur croissante des démarches administratives nous passons de plus en plus de temps à soigner le papier plutôt que le patient, à côté de ça certains effectifs grossissent : les chargés de missions, les pseudo-experts, etc ... sont actuellement des fonctions très en vogue. Enfin il y a aussi beaucoup à dire sur le corps médical dont certains représentants sont bien plus affairés à leurs activités tranverses, leurs publications et leur image que les préoccupations du quotidien sur le terrain.

  • Vastre, le 12/05/2006 à 10h49

    Pour J-Yves, Lyon. C'est une fiction télé que tu nous racontes ou as-tu vu réellement deux médecins prendre en charge successivement le même patient de deux façons fort différentes ? On a un peu de mal à comprendre ton discours qui me semble néanmoins très intéressant.

  • Giroux, le 12/05/2006 à 10h33

    Il y aura toujours des lacunes de partout! personne n'est parfait sur la terre! pourquoi recherche-t-on des saints dans les docteurs qui font le maximum!

  • Dan, le 12/05/2006 à 10h27

    Allons, allons ...!!, cessons de faire de l'angèlisme avec le corps médical...Il est lui aussi responsable des dérives financières du système...La sécu a tous les moyens nécessaires pour analyser et combattre les abus de toute sorte mais au lieu de prendre le taurau par les cornes avec les moyens efficaces dont nous disposons, on préfère les réformettes qui se résument à toujours prendre plus dans la poche des citoyens ou laisser courir les déficits........

  • J-Yves, le 11/05/2006 à 23h34

    J'ai vu un episode dans Urgences. Un malade arrive. Un medecin va faire proceder toute un tas de tests, mais aussi les plus couteux, quand il sait que le malade ne peut payer, donc, a charge de l'hopital, et que surtout il ait que l'hopital n'est pas riche. L'autre medecin applique une autre solution, moins couteuse en prenant le risque qu'il ait tort. Cela resume le probleme des hopitaux. Si on veut des soins de tres grandes qualites, qui paye ? Arretons de dire la Societe, car elle n'a pas les moyens. Si demain on decouvre un medicament qui rends eternel mais qui est tres cher, serait-il logique que ce dernier soit rembourse par la Secu qui est deja dans le rouge ?

  • Pierre marie vallez, le 11/05/2006 à 21h25

    Et croyez-vous que l'éducation nationale soit mieux???? personne ne parle jamais des journées payées 2 fois (quand vous quittez 1 chambre avant 10 heures, elle est payée et celui qui arrive dans cette même chambre le soir la paye également)et pourquoi faut-il faire passer son médecin traitant en sortant d'une hospitaloisation, pour qu'il recopie l'ordonnance du chirurgien!!!!voilà les problèmes à traiter.....

  • Vastre, le 11/05/2006 à 17h29

    Il faut dire, à décharge des médecins, que leur boulot (ils le font très bien) est de soigner les citoyens. On ne doit pas confondre la médecine et la gestion du mammouth hospitalier. C'est chez ce dernier qu'il faut regarder s'il est possible de progresser car la médecine avance de façon naturelle sans qu'il soit nécessaire de la stimuler.

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