
La décision du Conseil d'Etat est tombée mardi : c'est un rejet de la requête des éleveurs pyrénéens demandant la suspension des lâchers d'ours dans leur région. L'introduction de trois nouveaux ours slovènes, prévue par le ministère de l'Ecologie, va pouvoir se poursuivre. Ce qui sera fait "dans les meilleurs délais", a d'ores et déjà annoncé Nelly Olin. La ministre compte par ailleurs "prendre les précautions nécessaires pour qu'il n'y ait pas de dommage ni d'agitation inutile qui mettrait en danger la sécurité des personnes". Elle a indiqué qu'une équipe technique de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage était restée en Slovénie, prête à capturer la prochaine ourse attendue dans les Pyrénées.
Le maire de Bagnères-de-Luchon, René Rettig (UMP), qui a accepté d'accueillir un ours slovène sur son territoire dans le cadre du plan de réintroduction, a appelé les opposants au retour des ours à respecter la décision de justice. "J'imagine que si le Conseil d'Etat leur avait donné raison, ils auraient demandé l'application de la décision, eh bien maintenant il faut qu'ils demandent l'application de la décision qui est sortie", a déclaré le maire de la ville thermale. Il a estimé par ailleurs que "certains élus, en appelant au boycott de la concertation, ont privé les éleveurs de cette concertation maintenant terminée".
"Nous ferons tout pour gêner les futures réintroductions"
Les opposants à la réintroduction d'ours dans les Pyrénées, pour leur part, ont exprimé leur déception et réaffirmé leur détermination. Francis Ader, président de l'ADIP (Association de défense de l'identité pyrénéenne) basée à Luchon, s'est déclaré "pas étonné, mais déçu". "Les positions déjà bien radicalisées ne vont faire que s'amplifier", a-t-il ajouté. "Nous ferons tout pour gêner les futures réintroductions, notamment des barrages, c'est clair net et précis".
De son côté, Stephane Lessieux, porte-parole de l'ASPAP (Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées), a indiqué que "le fond, c'est-à-dire les préoccupations des populations et les contraintes qui leur sont imposées, n'a pas été examiné. C'est pourquoi nous entendons saisir la Cour européenne des droits de l'Homme". Selon lui, seule la mise en oeuvre "d'un moratoire d'un an pourra ramener le calme dans les Pyrénées".
Interrogé à Bagnères-de-Bigorre, Bernard Moules, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) a également déclaré: "Nous serons tous comme prévu à Bagnères-de-Bigorre samedi prochain en espérant que cette journée se passera dans les mêmes conditions que celle de Luchon", où 1.000 à 1.300 personnes ont défilé sans violence le 6 mai.
(Photo : archives)
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