
L'homme était accusé d'avoir exterminé mammouths, chevaux sauvages, rhinocéros laineux et autres animaux préhistoriques. A tord, selon une étude publiée jeudi dans la revue Nature, qui souligne le rôle du climat dans ces disparitions à la fin de l'ère glaciaire.
En effet, indique son auteur, Dale Guthrie, de l'université d'Alaska à Fairbanks, de nouvelles datations de fossiles d'animaux, de plantes et d'humains, trouvés en Alaska et dans le territoire canadien du Yukon, démentent cette interprétation des conséquences de l'arrivée de l'homme en Amérique du Nord.
Les premiers humains ont gagné ces contrées il y a environ 12.300 ans, venant d'Asie, en empruntant très vraisemblablement, rappelle le spécialiste de la biologie arctique, un pont naturel qui traversait alors l'actuel détroit de Bering.
Les sources de nourriture
Les nouvelles datations au radiocarbone qu'il a pratiquées sur plus de 600 ossements -- de mammouths, de cervidés (wapitis et élans), de bisons, de chevaux et de castors géants notamment -- ont révélé que le cheval sauvage s'était éteint avant cette date et que le mammouth laineux était déjà en régression. En revanche, le bison, l'orignal (élan d'Amérique) et le wapiti deviennent plus abondants.
Pour Dale Guthrie, plutôt qu'une chasse excessive, l'explication est à chercher dans les modifications au niveau des sources de nourriture dues aux changements climatiques perceptibles dans les pollens fossiles.
Lorsqu'il faisait froid, la steppe produisait une nourriture pauvre, correspondant aux besoins des animaux monogastriques (à estomac simple), tels les mammouths et les chevaux, dont l'appareil digestif comprend le caecum : c'est un important appendice du gros intestin renfermant une flore bactérienne apte à transformer la cellulose en sucre et permettant de consommer de grandes quantités de fourrage de basse qualité.
Mais pendant la transition entre le pléistocène (ère géologique terminée avec la dernière glaciation) et l'holocène (ère géologique présente), les étés sont devenus chauds et plus humides. Le dégel a fait apparaître lacs et marais, les saules ont commencé à pousser et les prairies à herbes se sont développées. Le fourrage plus riche a favorisé les ruminants (à estomac à poches), faisant du wapiti et du bison les nouvelles espèces dominantes. (AFP)
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