© INTERNEChaque année, l'Union mondiale pour la nature (UICN) publie sa Liste rouge des espèces menacées. L'occasion de dresser un sombre tableau de l'état naturel de la planète. En 2006, "la perte de biodiversité s'accélère au lieu de ralentir", déclare Achim Steiner, directeur général de l'organisme international. Une tendance "lourde de conséquences", aussi bien pour les écosystèmes que pour "la vie et les moyens d'existence des milliards de personnes qui en dépendent", note-t-il.
"Sur les 40.169 espèces évaluées à l'aide des critères de la Liste rouge de l'UICN, 16.125 sont aujourd'hui déclarées menacées d'extinction", alerte l'UICN. "Un amphibien sur trois et un quart des espèces de conifères du monde, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre sont en péril", poursuit l'organisme. Et de souligner : "Les espèces officiellement déclarées éteintes sont au nombre de 784 et 65 autres n'existent qu'en captivité ou en culture".
"Lentement mais sûrement"
Désormais classé "vulnérable", "l'ours blanc (Ursus maritimus) est voué à devenir une des plus célèbres victimes du réchauffement climatique mondial", pointe l'UICN. Leur population devrait ainsi décliner de 30% dans les 45 prochaines années. Autre espèce familière classée "vulnérable" : l'hippopotame. 95% de la population d'hippopotames de République démocratique du Congo — la deuxième population d'Afrique avec 30.000 individus — a disparu, victime du braconnage.
Autres lieux, même constat : "lentement mais sûrement, les déserts se vident de leur faune et de leur flore diverses et spécialisées, pratiquement à notre insu", telles les gazelles. Dans les océans, beaucoup d'espèces "connaissent aujourd'hui un risque d'extinction aussi élevé que les espèces terrestres", poursuit un expert de l'UICN : 20% des 547 espèces de requins et de raies risquent de disparaître, du fait de la surpêche. La situation des poissons d'eau douce n'est guère plus enviable : 56% des 252 espèces de Méditerranée et 28% des espèces d'Afrique de l'Est sont menacées d'extinction.
"La responsabilité de chacun"
Parmi les nouvelles encourageantes, l'UICN signale que les populations de pygargues à queue blanche, une espèce d'oiseau européenne, ont doublé durant les années 1990. De même, le fou d'Abbott, qui vit sur l'île australienne de Christmas, n'est plus "en danger critique d'extinction". La situation du poisson-chat géant du Mékong, un des plus grands poissons d'eau douce du monde, ou du vautour indien, empoisonné par un médicament vétérinaire aujourd'hui interdit, s'est aussi améliorée.
"Ces exemples sont la preuve que les mesures de conservation font la différence, mais il en faut beaucoup plus", lance Achim Steiner. "La biodiversité ne sera pas sauvée par les seuls spécialistes de l'environnement, martèle-t-il. Il faut qu'elle devienne la responsabilité de chacun d'entre nous et que nous ayons les moyens et les ressources pour agir."
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