© INTERNELa ministre de l'Ecologie Nelly Olin a annoncé vendredi la "suspension" du plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées pour 24 heures, en attendant une décision du Conseil d'Etat samedi. Une "suspension" qui devrait durer plus que prévu. Après avoir examiné la requête, le Conseil d'Etat a annoncé qu'il ne prononcerait que mardi après-midi. Il devra dire s'il existe des doutes sérieux sur la légalité de cette mesure pouvant justifier sa suspension jusqu'à ce qu'il statue sur le fond du dossier.
Risques sanitaires
Les requérants, une trentaine d'associations, de communes des Pyrénées ainsi que le Conseil général de l'Ariège, ont en effet saisi cette institution d'un référé suspension et d'une requête en annulation de la décision ministérielle d'introduire cinq nouveaux ours dans les Pyrénées. Deux plantigrades, sur les cinq prévus d'ici l'été, ont déjà été lâchés dans les Pyrénées provoquant une forte mobilisation des anti-ours. Ils estiment que la décision d'introduction des ours ne respectent pas certaines dispositions de la directive européenne sur la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvage, qui fonde la décision ministérielle.
Celle-ci prévoit notamment que les mesures prises pour le maintien de la bio-diversité tiennent compte des exigences économiques et sociales des secteurs concernés et n'interviennent qu'après une consultation appropriée du public concerné. Ces exigences, selon les éleveurs, n'auraient pas été respectées. Ceux-ci critiquent également l'insuffisante prise en compte des risques sanitaires et les changements de politique de l'administration qui, selon eux, s'était engagée à ne pas procéder aux lâchers d'ours dans une période de transhumance estivale, la plus "traumatisante pour les éleveurs".
"Extrêmement inquiète"
Lorsque le Conseil d'Etat aura rendu sa décision, la ministre de l'écologie, Nelly Olin a indiqué qu'elle se reposera "la question par rapport au climat et par rapport aux remontées du terrain". "Si le Conseil nous est favorable, c'est là où je devrai enclencher une deuxième étape, une phase d'analyse de la situation, mais en tout cas pour moi, il est hors de question de mettre les bêtes en danger", a-t-elle déclaré. Or, Nelly Olin "reste extrêmement inquiète des remontées que j'ai du terrain", faisant référence à la découverte de pots de miel piégés, avec des morceaux de verre (lire : "Du 'poison anti-ours" découvert dans les Pyrénées"). "Nous avons porté plainte", a-t-elle indiqué. Elle a également regretté qu'un monuments aux morts dans une petite ville à côté de de Massat (Ariège) ait été recouverts de graffitis.
"Je suis là pour le renforcement de la population oursine, et en tout cas surtout pas pour les faire mourir", a poursuivi Nelly Olin. La ministre a indiqué par ailleurs que les deux ourses déjà lâchées dans les Pyrénées, Palouma et Franska, "se portent bien". Les ourses "resteront, il est hors de question de les reconduire à la frontière", a-t-elle affirmé.
photo : archives
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