Le plan ours suspendu

le 05 mai 2006 à 10h17 , mis à jour le 06 mai 2006 à 14h37

Nelly Olin a suspendu le plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées, dans l'attente d'une décision du Conseil d'Etat qui doit être rendue mardi après-midi. La ministre de l'Ecologie est "extrêmement inquiète" des débordements des opposants à l'ours.

ours pyrenees melba © INTERNE

La ministre de l'Ecologie Nelly Olin a annoncé vendredi la "suspension" du plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées pour 24 heures, en attendant une décision du Conseil d'Etat samedi. Une "suspension" qui devrait durer plus que prévu. Après avoir examiné la requête, le Conseil d'Etat a annoncé qu'il ne prononcerait que mardi après-midi. Il devra dire s'il existe des doutes sérieux sur la légalité de cette mesure pouvant justifier sa suspension jusqu'à ce qu'il statue sur le fond du dossier.

Risques sanitaires

Les requérants, une trentaine d'associations, de communes des Pyrénées ainsi que le Conseil général de l'Ariège, ont en effet saisi cette institution d'un référé suspension et d'une requête en annulation de la décision ministérielle d'introduire cinq nouveaux ours dans les Pyrénées. Deux plantigrades, sur les cinq prévus d'ici l'été, ont déjà été lâchés dans les Pyrénées provoquant une forte mobilisation des anti-ours. Ils estiment que la décision d'introduction des ours ne respectent pas certaines dispositions de la directive européenne sur la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvage, qui fonde la décision ministérielle.

Celle-ci prévoit notamment que les mesures prises pour le maintien de la bio-diversité tiennent compte des exigences économiques et sociales des secteurs concernés et n'interviennent qu'après une consultation appropriée du public concerné. Ces exigences, selon les éleveurs, n'auraient pas été respectées. Ceux-ci critiquent également l'insuffisante prise en compte des risques sanitaires et les changements de politique de l'administration qui, selon eux, s'était engagée à ne pas procéder aux lâchers d'ours dans une période de transhumance estivale, la plus "traumatisante pour les éleveurs".

"Extrêmement inquiète"

Lorsque le Conseil d'Etat aura rendu sa décision, la ministre de l'écologie, Nelly Olin a indiqué qu'elle se reposera "la question par rapport au climat et par rapport aux remontées du terrain". "Si le Conseil nous est favorable, c'est là où je devrai enclencher une deuxième étape, une phase d'analyse de la situation, mais en tout cas pour moi, il est hors de question de mettre les bêtes en danger", a-t-elle déclaré. Or, Nelly Olin "reste extrêmement inquiète des remontées que j'ai du terrain", faisant référence à la découverte de pots de miel piégés, avec des morceaux de verre (lire : "Du 'poison anti-ours" découvert dans les Pyrénées"). "Nous avons porté plainte", a-t-elle indiqué. Elle a également regretté qu'un monuments aux morts dans une petite ville à côté de de Massat (Ariège) ait été recouverts de graffitis.

"Je suis là pour le renforcement de la population oursine, et en tout cas surtout pas pour les faire mourir", a poursuivi Nelly Olin. La ministre a indiqué par ailleurs que les deux ourses déjà lâchées dans les Pyrénées, Palouma et Franska, "se portent bien". Les ourses "resteront, il est hors de question de les reconduire à la frontière", a-t-elle affirmé.

photo : archives

le 05 mai 2006 à 10:17
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

11 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Dodo, le 05/05/2006 à 20h00

    Enocre une fois l'intérêt de quelques particuliers, les intérêts économiques prévalent.Quand penserons- nous à nos enfants et quand commencerons-nous à préserver notre planète pour le bien de l'humanité?

  • Brice, le 05/05/2006 à 18h29

    Vivant au Quebec depuis un bon nombres d'années je peux vous dire que je me suis habitué à cotoyer les ours dans les parcs provinciaux ou nationaux, et je ne me suis jamais fait dévorer. Pourtant la population est bien plus importantes que 5 pauvres ours dans les pyrénnés.Arretons d'effrayer les futurs randonneurs en leur faisant croire n'importe quoi. De plus je rappelle que l'ours est bien plus friand de baies, de lichens ou encore de noix que de brebis. Je comprend que la profession d'éleveur soit tres dur mais il ne faut pas non plus tout mettre sur le dos de la réintroduction des ours. La France à déjà suffisament perdu de son patrimoine naturel pour qu'on en rajoute une couche de plus.

  • Pehache, le 05/05/2006 à 17h06

    L'ours est un patrimoine naturel qui regarde l'ensemble de la collectivité, pas uniquement les Pyrénéens, qui n'ont pas un droit de vie et de mort sur les animaux sauvages qui y vivent.

  • Alain, le 05/05/2006 à 16h59

    Il y a longtemps, très longtemps, les ours et les loups vivaient en paix dans les montagnes. Vinrent les bergers qui souhaitaient s'installer avec leurs troupeaux.Ils exterminérent les loups, éliminèrent la plupart des loups et vivent heureux très longtemps. Et voila qu'un jour les loups et les ours revinrent ! Finie la vie de chateau, va falloir partager ...

  • Yves, le 05/05/2006 à 15h41

    Les ours, tout comme les loups, étaient présent dans nos montagnes bien avant que l'homme ne s'implante. Aprés la lecture de cette article, mon ressentiment est que l'homme (en général)ne fait que reproduire l'histoire des civilisations anéanties. L'homme sera à terme sont propre prédateur, il se suprimera comme il cherche à le faire comme pour les ours affin de rester seul maître des lieux avec son "égo"isme. Comme nous somme bien ridicule dans ce genre d'injustice et ce peut de courage de la part d'une poignée d'individu.

  • Yvon, le 05/05/2006 à 13h36

    Une consultation nationale et les villes qui veulent des ours, lions, tigres et crocodiles s’en voient pourvues. Les autres La ministre de l’écologie veut des ours il y a des forets a paris ils y seront très bien. Manifestement il y a litiges dans les Pyrénées on fait un vote local et on voit. Quand est ce que ce gouvernement demandera l’avis des personnes impactées ?

  • Pehache, le 05/05/2006 à 12h54

    à Julien de Lyon: Ce ne sont pas les Parisiens qui décident du renforcement de la population d'ours, mais l'ensemble des Français. La préservation du patrimoine naturel est une compétence nationale. Par ailleurs, l'association qui est la plus impliquée dans ces renforcements est installée à Arbas, dans les Pyrénées. http://www.paysdelours.com Les Pyrénéens aussi veulent des ours, seule une minorité y est opposée. Il faut arrêter cette légende qui veut que ce soit les citadins qui sont pour et les Pyrénéens qui sont contre.

  • Marcel, le 05/05/2006 à 12h27

    être pour ou contre l'ours est une chose. Moi ça fait 10 ans que je me balade en Ariége, je me suis jamais fait dévoré, ni rencontré un seul Je ne suis pas forcément pro-ours mais c'est les méthodes extrémistes des casseurs d'ours qui me dérangent. Qu'on capturent les ours de l'Ariége et qu'on les mettent dans un grand parc, et qu'on leurs sucrent toutes leurs subventions. On verra bien si c'est l'ours qui est la cause du déclin de l'élevage. Ils feront moins les malins à la télé (Hollywood) et ils n'auront plus aucune raison de se plaindre. Ce ne sera pas la faute des parisiengs dans ce cas là. Le beurre, l'argent du beurre et la peau de l'ours

  • Julien, le 05/05/2006 à 11h36

    Pourquoi c'est les Parisiens qui décident de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées ? Et surtout pourquoi ne demandent-ils pas l'avis des personnes concernées ? Moi, Lyonnais, je décide de réintroduire les loups dans la capitales (Ils etaient là bien avant que lutece ne soit construite). Comme ça quand j'irais visiter Paris, je pourrais éventuellement rencontrer des loups :) L'avis des parisiens, je m'en fiche, moi je veux des loups dans Paris, ça suffit pas ? (raisonnement completement absurde, je l'avoue ... aussi absurde que celui de réinstroduir des ours dans les Pyrénées)

  • Moimeme, le 05/05/2006 à 11h34

    Scandaleux le gvt recule devant un petit nombre d'ennemis de la nature et de l'ecologie ceux qui n'aiment pas les ours aiment les ogm

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience