
Le préfet des Hautes-Pyrénées a déposé plainte mardi auprès du tribunal de grande instance de Tarbes après que 12 gobelets contenant du miel et des morceaux de verre, marqués "attention poison anti-ours", ont été trouvés dans la montagne.
Selon le ministère de l'Ecologie, les pots avaient été déposés à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), près du lieu où Franska, le deuxième des cinq ours slovènes devant être lâchés dans les Pyrénées d'ici l'été, avait été remis en liberté le 28 avril dernier. Un premier pot a été découvert le 30 avril par un randonneur. Gendarmes et gardes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avaient ensuite ratissé la zone et retrouvé onze autres pots du même type le 1er mai, a précisé le ministère. La ministre de l'Ecologie Nelly Olin s'est dite "scandalisée" par cette affaire.
"Inadmissible et provocateur"
Le Plan ours continue de susciter la colère des opposants aux plantigrades. La mairie de Massat, dans l'Ariège, en a fait les frais : le monument aux morts du village a été recouvert de messages "Non à l'ours". Face à "cet acte inadmissible et provocateur", le maire Léon-Pierre Galy-Gasparrou a précisé "qu'aucun avis favorable n'a été émis par le conseil municipal, ni par le syndicat des montagnes quant au dispositif de réintroduction actuellement engagé" et "qu'aucune demande de réintroduction ne lui a été présentée par le ministère de l'Ecologie". Loin d'être satisfait par le plan de réintroduction, le maire a également réitéré "sa proposition d'un moratoire d'un an susceptible de permettre un véritable dialogue".
Pour les opposants à ce plan, la surveillance de Massat fait suite aux rumeurs d'un entretien entre la ministre de l'Ecologie et le maire de Massat, qui "aurait essayé de tenter de récupérer un ours sur sa commune", a indiqué Stéphane Lessieux de l'Aspap (Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées) qui a dénoncé les graffitis sur le monument. Le 1er avril dernier, certains opposants à l'ours s'étaient livrés à des dégradations lors d'une violente manifestation dans le village d'Arbas, l'une des cinq communes pyrénéennes ayant accepté d'accueillir un ours slovène, afin d'assurer la sauvegarde de l'espèce en France.
Le Plan ours en pause
Depuis le deuxième lâcher, également effectué dans la discrétion, les opposants à l'ours ont multiplié les postes d'observation en différents endroits d'Ariège, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne susceptibles selon eux d'accueillir un nouveau lâcher. Jeudi, le ministère de l'Ecologie a de nouveau démenti tout nouveau lâcher, rappelant l'audience du Conseil d'Etat, prévue samedi, sur l'affaire. La FRSEA (Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles) de Midi-Pyrénées, des Jeunes agriculteurs, la Fédération des éleveurs transhumants des Pyrénées-Atlantiques, la commission syndicale de la chaîne des Pyrénées, le syndicat AOC Barèges-Gavarnie et le conseil général de l'Ariège ont déposé mi-avril un référé suspension afin de suspendre les lâchers d'ours, ainsi qu'un recours en annulation. De ce fait, une pause a été décidée dans la capture de nouveaux plantigrades en Slovénie, a précisé la porte-parole du ministère.
photo : la carte de relâcher des ours
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