Sauvegarde de l'ours, les exemples européens

le 01 mai 2006 à 15h51 , mis à jour le 01 mai 2006 à 16h03

Les lâchers d'ours slovènes dans les Pyrénées suscitent de fortes résistances de la parts d'éleveurs et bergers. Mais dans d'autres pays européens, comme l'Italie, l'Autriche et l'Espagne, la présence de l'ours est mieux acceptée. En Italie, dans le Parc des Abruzzes, leur présence est un argument touristique.

[Expiré] [Expiré] ourse canelle vivante (AFP) © afp

Comme la France, l'Italie, l'Autriche et l'Espagne ont renforcé ces dernières années la population d'ours dans leurs montagnes, où ces expériences, assorties de politiques d'accompagnement, ont permis de sauver leur présence. L'arrivée la semaine dernière de Palouma et de Franska dans les Pyrénées françaises et celle, attendue, de trois nouveaux ours slovènes pour renforcer une population de 14 à 18 individus cristallise la colère d'éleveurs et de certains élus locaux qui opposent l'ours à la survie du pastoralisme.

Il y a 3 000 ans, l'aire de ours brun couvrait l'ensemble du continent européen. Aujourd'hui, on le trouve surtout en Scandinavie (Finlande et Suède) et à l'Est (Roumanie, Bulgarie) et sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Ainsi, la Slovénie, qui abrite près de 800 ours, accepte d'en céder depuis une quinzaine d'années aux pays qui le lui demandent. L'Espagne, l'Italie et l'Autriche abritent en revanche, avec la France, les populations les plus menacées et les plus isolées d'Europe, selon un rapport du ministère français de l'Ecologie.

Un programme européen pour sauvegarder les ours

A partir de 1992, l'Union européenne a d'ailleurs mis en place le programme "Life" invitant les Etats membres à prendre des mesures urgentes de conservation. Mais dès 1989, l'Autriche avait décidé de renforcer la présence de l'ours, pratiquement disparu jusqu'à l'arrivée, en 1972, d'un vagabond venu de Slovénie voisine. Entre 1989 et 1993, trois ours issus de Slovénie et de Croatie ont été ainsi relâchés dans le centre du pays, bientôt rejoints spontanément par quelques-uns de leurs congénères slovènes. Aujourd'hui, 25 à 30 de leurs descendants parcourent les Alpes autrichiennes, selon le WWF-Autriche qui a instauré des "avocats des ours", des médiateurs chargés de résoudre les conflits avec la population.

Dans les Alpes italiennes, la population du Trentin survivait à peine avec trois ours quand elle a reçu entre en 1999 et 2002 le renfort de dix ours slovènes. En 2004, leur présence était estimée entre 15 et 17 ours et approuvée par 77% de la population locale. L'Italie compte par ailleurs une soixantaine d'ours bruns marsicains - plus légers que ceux de Slovénie - dans le Parc national des Abruzzes, où leur présence est un argument touristique. "Qu'il s'agisse des Abruzzes ou du Trentin, la cohabitation avec l'ours se passe bien", assure Jean-Jacques Blanchon, directeur des programmes de la Fondation Nicolas Hulot, citant également le cas de l'Espagne.

Les efforts de protection et de promotion dans la cordillère cantabrique ont permis d'augmenter la population de plantigrades de 70% depuis 1990, pour atteindre 105 à 130 spécimens fin 2004. Un "Plan de réimplantation" de l'ours a été adopté par chaque région concernée à partir de 1989, avec un "fort engagement local" et du ministère, selon la Fondation Oso Pardo. La population des Pyrénées espagnoles reste, elle, beaucoup plus faible avec moins de 20 ours. "Les exemples réussis en Espagne, en Italie ou en Slovénie prouvent que notre espèce est capable de cohabiter avec d'autres", estime Jean-Pierre Raffin, fondateur de la chaire d'Ecologie à l'université de Jussieu et protagoniste du programme de renforcement de l'ours en 1996-1997. "On a les moyens techniques, on sait faire. Mais en France, les bergers et les éleveurs, soumis à des contraintes réelles, refusent par principe les mesures d'accompagnement et de gardiennage", déplore-t-il.

photo : archives

le 01 mai 2006 à 15:51
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7 Commentaires

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  • Vastre, le 03/05/2006 à 04h04

    Combien nous coûtent les ours : réintroduction de quelques individus, indemnités versées aux éleveurs de moutons, frais de surveillance et de comptage, etc ... C'est le seul paramètre économique qui intéresse les contribuables français et ils ne le connaissent pas. La ministre n'a-t-elle pas le courage de le dire ?

  • Yves, le 02/05/2006 à 16h24

    "l'ours est adorable" c'est ty pas mignon. Il doit confondre avec son ours en peluche. Quand une personne, adulte ou enfant, se sera fait croquer, je souhaite qu'on prenne contact avecc tous ces gens favorables qu'ils viennent s'expliquer devant les proches des victimes.

  • Phil, le 02/05/2006 à 15h49

    Pas de bol pour l'ours en France : on a les paysans les plus bêtes du monde, aidés par les politiques les plus bêtes du monde. Quand les premiers auront compris que le tourisme les fera vivre dans leurs régions plus que leurs réactions rétrogrades dignes de l'obscurantisme moyennageux, et que les seconds défendront l'écologie par leurs actes et non par des discours lénifiants, la cause de la nature aura fait un grand pas. Parce que faut pas se leurrer, les gens viendront dans les parcs naturels pour voir des animaux sauvages, pas des bergers sauvages . Je suis par ailleurs sidéré du silence de la classe politique devant le saccage des mairies acceptant d'avoir l'ours sur leur territoire (un des maires a même démissionné du PS pour protester devant l'absence de soutien),ainsi que du peu d'écho que recueillent dans les médias les bergers courageux favorables à l'ours, au loup etc... C'est sût qu'avec un Président comme Chirac qui professe le "faites ce que je dis, pas ce que je fais", à savoir dans le cas présent de beaux discours à l'ONU sur la diversité et rien en France (ou si, un bon gros mensonge comme en 86 avec Tchernobyl pour sauver les revenus de ses electeurs agricoles), le lobby paysan productiviste & reactionnaire a encore de beaux jours devant lui (au moins jusqu'en 2007 :-)

  • BRIGITTE, le 02/05/2006 à 12h12

    L'ours est adorable, pourquoi l'homme lui est-il aussi désagréable ? bb

  • Patrick, le 02/05/2006 à 07h54

    Bonjour les fraçais feraient bien de s'occupper de leur quotidien qui est morose et laisser faire la nature

  • Jean-Luc, le 01/05/2006 à 19h56

    Les US, pays conservateur vit en harmonie avec la nature. On y trouve des grizzly, plus dangereux que les ours bruns dans les parc nationaux. On trouve meme des pumas pres des habitations. Ca fait des annees que cela dure et pourtant, y a pas mort d'homme. L'interet de la nature est un tres gros attrait touristique. Les gens viennent voir les ours, les baleines les loups, les aigles... J'ai rencontre un grizzly sur ma route. Sa premiere reaction a ete de s'enfuir. Qui a vraiment peur de qui ? La rage frappe encore les renards en France. Faut-il aussi pour autant exterminer les renards, gloutons, founies et autres de toutes les forets du monde afin que la terre puisse encore tourner dans le bon sens ?

  • Alain kadlec, le 01/05/2006 à 18h16

    Je croise des ours en faisant mon jogging, ceux-ci viennent fouiller dans mes poubelles à l'occasion...On vit en harmonie ensemble. Ils sont adorables et on le droit de vivre eux aussi. De temps à autre il y a un incident mais bon, on fait avec...

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