Feu vert pour un vaccin contre le cancer du col de l'utérus

Par Par Matthieu DURAND, le 09 juin 2006 à 12h01 , mis à jour le 09 juin 2006 à 15h16

Le Gardasil, fabriqué par le laboratoire Merck, protège contre quatre types de virus qui peuvent se transmettre lors des rapports sexuels et qui évoluent souvent en cancer. Le vaccin fait également l'objet d'une demande de commercialisation au sein de l'Union européenne.

cancer cellule © INTERNE

Le Gardasil bientôt disponible pour les Américaines. L'agence américaine de régulation des médicaments, la Food and Drug Administration (FDA), a autorisé jeudi la commercialisation de ce vaccin contre le cancer du col de l'utérus. Le laboratoire américain Merck, qui a mis au point le vaccin, a par ailleurs déposé une demande similaire auprès de l'Agence européenne du médicament.

Le Gardasil protège des infections contre quatre variétés de papillomavirus (HPV). Ces derniers sont responsables de lésions utérines mais aussi d'infections du vagin et de la vulve qui, dans les deux cas, évoluent souvent en cancer. Les papillomavirus se transmettent notamment lors des rapports sexuels.

Les quatre essais cliniques conduits sur 21.000 femmes aux Etats-Unis et dans plusieurs autres pays ont montré que ce vaccin était efficace à près de 100% contre les HPV 6, 11, 16 et 18. "Cette corrélation entre certains virus et les cancers du col était connue depuis plusieurs années", explique à LCI.fr le docteur Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue.

"Un grand plus"

Le Gardasil, destiné aux jeunes femmes âgées de 9 à 26 ans, est "une avancée importante dans la protection de la santé des femmes", selon la FDA. "C'est un grand plus pour les femmes et leurs conjoints aussi, d'ailleurs", confirme le Dr Mimoun. "Globalement, le message est que toute fille qui arrive en classe de sixième soit vaccinée, explique-t-il. L'objectif est d'agir avant le premier rapport sexuel." Et donc avant la transmission éventuelle des HPV. Il faudrait vacciner le plus grand nombre de femmes possible, indique encore le spécialiste français : "Le vaccin n'est interdit à personne mais l'Etat peut en décider autrement". Le rapport bénéfice/coût interviendra forcément pour déterminée quelle population vacciner.

Une personne atteinte de HPV qui se ferait vacciner risquerait-elle quelque chose ? "Pas grand-chose, répond Sylvain Mimoun. En revanche, je ne suis pas sûr que le vaccin serait efficace." Quant aux effets indésirables, "jusqu'à présent, rien de notable n'a été relevé".

Un deuxième vaccin contre le cancer du col de l'utérus a été récemment présenté aux Etats-Unis (lire l'article). Le Cervarix, fabriqué par GlaxoSmithKline, protège les femmes de plus de 25 ans contre l'infection des papillomavirus de type HPV 16 et 18 — les principaux responsables des lésions utérines évoluant en cancer. Au-delà de ces vaccins, les lésions cancéreuses peuvent être traitées au laser ou par électrocoagulation.

470.000 nouveaux cas par an

Dans le monde, le cancer du col de l'utérus est le second cancer le plus fréquent chez les femmes, avec 470.000 nouveaux cas chaque année et 233.000 décès, dont plus de 80% dans les pays en développement.

photo : une cellule cancéreuse (archives)

Par Par Matthieu DURAND le 09 juin 2006 à 12:01
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3 Commentaires

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  • Vastre, le 11/06/2006 à 07h27

    Calmons nous : le vaccin en question n'est homologué qu'aux Etats Unis d'Amérique, pour l'instant. Il ne faut pas trop vite donner de l'espoir de ce côté de l'Atlantique.

  • Guillaume, le 10/06/2006 à 17h43

    Et bien voila une bonne nouvelle :)))

  • Dan, le 10/06/2006 à 09h47

    Enfin...!!! quelque chose de concret...

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