La manifestation "pro-ours" déplacée à Toulouse "par sécurité"

Par Par Matthieu DURAND, le 02 juin 2006 à 16h04 , mis à jour le 02 juin 2006 à 21h33

Les organisateurs de la manifestation en faveur de l'ours, prévue samedi à Luchon, ont décidé vendredi de la transférer à Toulouse. La sécurité n'aurait pas pu être assurée face aux menaces des "anti-ours". René Rettig, maire de Luchon, fait part à LCI.fr de son indignation.

ours pyrenees melba © INTERNE

"Ce devait être une fête familiale, ce n'est plus possible". Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) devait accueillir samedi une manifestation en faveur de l'ours. Elle se déroulera finalement à Toulouse, "par mesure de sécurité". René Rettig, maire (UMP) de Luchon, cache difficilement son indignation. La décision a été prise par les organisateurs du défilé à la suite d'"informations alarmantes" recueillies vendredi matin, au lendemain du quatrième lâcher d'ours dans les Pyrénées (lire l'article).

"Nous avons eu confirmation qu'il y aurait eu des exactions et des empêchements d'organiser ce rassemblement", a indiqué vendredi le maire à LCI.fr, précisant que certains participants à la manifestation avaient été "menacés de violence". Un décor paysager, réalisé par les jardiniers de la ville pour l'occasion, a même été incendié dans la nuit de jeudi à vendredi. Un escadron de 80 gendarmes devait éviter tout débordement samedi. Mais "une manifestation à Luchon aurait été trop dangereuse et n'aurait rien apporté, sauf des pleurs et des mises en responsabilité dont nous n'avons pas besoin", a poursuivi René Rettig.

"Menaces intolérables"

Bernard Moules, le secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), avait prévenu jeudi : "Si par malheur on lâche un nouvel ours, je ne sais pas si la fête pourra se tenir". Selon René Rettig, il s'agit de "menaces intolérables dans un pays où l'expression de l'opinion et le droit de manifester existent". Et de se déclarer "amer de voir à quel point on ne respecte plus grand-chose dans ce pays quand il s'agit d'opinions qui s'opposent".

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, l'élu local s'en prenait aux "députés, conseilleurs généraux, élus consulaires" qui se servent de l'ours et des éleveurs comme un "alibi à l'inaction" et qui mettent de l'huile sur le feu. "Ce n'est pas possible d'arriver à ce point d'exaspération et d'incompréhension pour un problème somme toute secondaire parmi ceux de la société française", déclare-t-il encore.

"Un geste"

Le transfert de la manifestation "doit être perçu comme un geste" de bonne volonté à l'égard des éleveurs, insiste le maire, qui leur "demande de reprendre leurs esprits et d'être à nouveau capable de dialoguer". Il rappelle d'ailleurs qu'il avait permis aux "anti-ours" de défiler à Luchon, le 6 mai dernier. "Les éleveurs ne peuvent pas se considérer comme les seuls à exploiter la montagne sans entraves", pointe-t-il. Car, selon lui, le débat sur la présence de l'ours dans les Pyrénées pose avant tout la question de l'avenir du pastoralisme mais aussi des activités qui peuvent survivre dans ces régions (lire : "Il y a manipulation et récupération politiques des anti-ours").

En attendant la reprise du dialogue, René Rettig craint à l'avenir qu'il y ait "probablement des meurtres d'ours dans les Pyrénées, par accident ou volontairement" (lire : "Du poison anti-ours retrouvé dans les Pyrénées").

photo : archives

Par Par Matthieu DURAND le 02 juin 2006 à 16:04
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7 Commentaires

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  • Marc Wecker, le 03/06/2006 à 07h31

    La FNSEA, nouveau FLNC ? Jusqu'a quand ces comportements seront ils supportés? Lamentable! Une minorité qui impose ses diktats, ca s'appelle du fachisme ! Ce sont les ours et les loups qui gênent ces messieurs: Quelle espèce ensuite? Interdiction des chiens dans certains départements? Plus de faune, comme çà, ils seront tranquilles. Mais combien de moutons tués par des chiens errants et pour lesquels on fait un certificats de complaisance, pour pouvoir toucher l'indemnisation? Ces vrai que la plupart de ces "éleveurs" sont aussi chasseurs, donc armés: Ca fait peur! Je suis toujours surpris de voir des jeunes soutenus par des banques s'installer comme éleveur, metier non rentable et très dur a les écouter. Depuis quand les banques financent elles des entreprises non rentables?

  • Maret, le 02/06/2006 à 23h15

    Je suis contre la deportation des ours slovene pour qu'il soit tuer en france je suis aussi contre l'abattage des loups quand les humains vont il foutre la paix aux bestioles? cette argent jete par les fenetres sous couvert d'ecologie est scandaleux dans ce gouvernementil y a qu'une personne a jeter madame Ollin

  • DUPONT, le 02/06/2006 à 19h59

    Ce pays est devenu à tous les niveaux, un réservoir de bêtes féroces ! Cette violence pour défendre ses idées, est bien le signe de notre déclin.

  • Margaux, le 02/06/2006 à 19h29

    Il y a des "modes" pour des livres ou des films comme Da Vinci Code, c'est la même chose pour les ours. Cela fait bien de se dire écologiste et protecteur de la nature. Mais toutes ces personnes ont-elles pensé aux pauvres ours qu'elles déplacent sans leur demander leur avis ? Sont-elles sûres que ces pauvres animaux seraient d'accord ? Ou bien pensent-elles que les animaux n'ont pas d'état d'âme et qu'on peut les mettre où bon nous semble, à nous les hommes ? Je crois que nous marchons sur la tête et que les protecteurs de la nature ne sont pas ceux qui le disent haut et fort...

  • Grauby, le 02/06/2006 à 19h06

    Sans concertation pour un tel evenement,il ne faudra pas s'etonner qu'il y ait des pots casses,les politiques par souci de plaire a certains et les maires de certaines communes pour attirer les touristes seront a mes yeux aussi responsables que les anti ours des evenements a venir.qui peut concevoir de reintroduire un animal pareil au portes des maisons,seul des gens qui ne risquent pas de se retrouver nez a nez avec gentil nounours.

  • Vastre, le 02/06/2006 à 19h02

    Je n'ai personnellement aucun intérêt à la présence ou à l'absence de l'ours dans les Pyrénées. Mais je suis très curieux de suivre les développements de lachers d'ours qui se déroulent depuis environ 2 mois. Je note que l'on se préoccupe beaucoup de l'impact de bien des choses sur l'environnement et sur les activités économiques, dès qu'il s'agit de construire des éoliennes ou des lignes électriques mais je n'ai pas vu que l'on fasse la moindre étude d'impact sur l'introduction de l'ours. Ce n'est peut-être pas politiquement ou électoralement correct !

  • Alicia, le 02/06/2006 à 18h01

    Les manifestants ont tout mon soutien en faveur de la reintegration de l ours et de la protestion des loups ... la ministre voulait les reintegrer pour mieux les abattre par la suite comme pour le loup en moment a sa place je serais HONTEUSE ... VIVE PALOUMA ET SES CONGENERES ... LAISSEZ VIVRE EN PAIX ...

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