Offensive anti-méningite en Seine-Maritime

le 12 juin 2006 à 07h00 , mis à jour le 12 juin 2006 à 15h22

Alors que les méningites sont presque deux fois plus fréquentes dans le département de Seine-Maritime que la moyenne nationale, le ministère de la Santé lance la contre-attaque sanitaire. Une campagne de vaccination sans précédent en France débute ce lundi. Durée prévue : deux ans.

Bébé vaccin piqure cris © DR

Le ministère de la Santé lance ce lundi à Dieppe une campagne de vaccination de grande ampleur pour tenter d'éradiquer les infections invasives à méningocoques de type B qui affectent particulièrement le département de la Seine-Maritime. "C'est une campagne sans précédent en France qui mobilisera une soixantaine de professionnels de santé qui seront capables de vacciner quelque 430 enfants par jour", affirme Jean-Luc Brière, directeur départemental des affaires sanitaires et sociales. Au total, 330.000 enfants et adolescents de 1 à 19 ans de Seine-Maritime pourront se faire vacciner gratuitement au cours des deux prochaines années.

Ce choix d'une vaccination de masse se veut à la mesure de l'enjeu : en 2005, 42 cas d'infections invasives à méningocoques ont été recensés en Seine-Maritime, dont cinq mortels. Dans ce département l'incidence des cas atteint pratiquement le double du taux national (2,9 pour 100.000 habitants contre 1,5) en raison de la présence d'une souche particulièrement virulente appelée B14, P1, 7-16. Aucun vaccin n'était disponible en France pour combattre une telle souche et le gouvernement a dû commander les 1.300.000 doses nécessaires en Norvège où une campagne similaire a été menée dans les années 80. Les précédentes campagnes de vaccination en France, jamais de cette ampleur, ont toutes concerné la méningite de type C contre laquelle existait un vaccin facilement disponible.

Les enfants d'abord

C'est Dieppe, localité la plus touchée par le phénomène, qui va donner le coup d'envoi de la campagne. Celle-ci concernera d'abord uniquement les enfants de 1 à 5 ans, considérés comme les plus vulnérables. Elle s'étendra ensuite progressivement à tout le département et aux autres tranches d'âge. Cette vaccination qui nécessite quatre injections pour être efficace n'est pas obligatoire mais elle très vivement recommandée.

Le lancement de cette campagne a été accueilli avec satisfaction par les familles des victimes. "Vue l'hyperendémie qui s'est installée depuis quatre ans, c'est la seule façon de nettoyer la région", affirme Micheline Hornung, présidente de l'association Audrey méningite Régis 76 qui a perdu un fils de 17 ans foudroyé par la méningite en 2005.

Photo d'ouverture : archives

le 12 juin 2006 à 07:00
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1 Commentaires

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  • CHATEL, le 12/06/2006 à 13h25

    Pourquoi limiter cette opération à la seine maritime ???

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