© LCIIl s'appelle Balou. Il a 4 ans. Son parrain est un certain Gérard Depardieu et sa marraine, Fanny Ardant. Un nouveau lâcher d'ours slovène a eu lieu à 1 heure du matin vendredi à Arbas, commune montagneuse de Haute-Garonne, malgré la présence à 50 kilomètres, à Bagnères-de-Luchon, de manifestants anti-ours. Balou, 88 kilos, est le quatrième ours slovène lâché dans les Pyrénées depuis le 25 avril, début le campagne de réintroduction de cinq ours slovènes en France. Premier mâle de la série, il rejoint ainsi Palouma lâchée le 25 avril à Burgalays (Haute-Garonne), Franska lâchée le 28 à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) et Hvala lâchée le 17 mai à Arbas (Haute-Garonne).
Le chasseur, la louve et le procès
Près de 1.500 éleveurs et chasseurs ont manifesté jeudi dans les rues de Gap pour soutenir un chasseur jugé pour avoir tué une louve. Une amende de 1.500 euros ferme a été requise à son encontre.
Publié le 18/02/2010
Tensions anti / pro-ours
Les autorités ont donc réussi l'opération malgré les anti-ours qui barraient les routes alentour. La nouvelle n'a d'ailleurs été divulguée qu'à l'aube, laissant le temps au plantigrade de s'enfoncer dans la forêt. Tous les lâchers réalisés jusqu'alors ont été perturbés par les éleveurs qui voient en l'ours un prédateur de leurs troupeaux et un danger pour les populations. A chaque fois, les équipes chargées d'organiser le lâcher de l'animal ont dû changer de lieu à la dernière minute pour déjouer les manifestants.
La veille, le Plan ours avait pourtant subi un revers. Afin d'apaiser les esprits, le deuxième lâcher d'ours prévu sur la commune de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) avait été suspendu, à la demande du ministère de l'Ecologie, "par volonté d'apaisement". Ce vendredi, après le lâcher de Balou, le conseil général des Hautes-Pyrénées a voté à une large majorité une motion demandant l'abandon du plan gouvernemental. Ce vote entérine le rapport d'une mission du conseil général qui considère notamment que "les conditions de l'acceptation sociale (de la réintroduction de l'ours) n'ont pas été réunies".
Samedi, une manifestation pro-ours est organisée à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). Pour empêcher tout débordement, comme à Arbas le 1er avril dernier, un escadron de gendarmes mobiles (80 hommes) sera notamment mobilisé. Dans une lettre ouverte, le maire de Luchon, René Rettig (UMP), a dénoncé mercredi les actes de violence commis par certains "anti-ours" et s'en est pris aux "députés, conseilleurs généraux, élus consulaires" qui se servent de l'ours et des éleveurs comme un "alibi à l'inaction". Appelant à la reprise du dialogue, le maire milite pour "donner leur place au pastoralisme et à notre faune sauvage".
Six loups à abattre
Autre grand prédateur, dont la présence en France suscite un vif débat, le loup. Les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont publié jeudi au Journal officiel "l'arrêté fixant les modalités d'effarouchement et de prélèvement de loups pour 2006". En clair, les autorités autorisent l'abattage d'un maximum de six loups dans neuf départements du Sud-Est de la France (1). Ces "prélèvements sur la population des loups" peuvent intervenir dans la mesure où "il est nécessaire de prévenir des dommages importants aux élevages" et où "il n'existe pas d'autre solution satisfaisante", précise l'arrêté.
Selon les autorités, le "tir de défense peut être déclenché plus rapidement qu'en 2005 : après sept jours de réalisation effective de l'effarouchement et à la suite de deux attaques faisant au moins une victime" alors qu'en 2005, "il fallait attendre trois semaines effectives d'effarouchement et quatre attaques faisant des victimes". Parmi les autres allègements : pour qu'il y ait "attaque", il faut avoir identifié "au moins une victime indemnisée", et non plus des victimes. "Ce niveau de prélèvement ne portera pas atteinte à l'état de conservation de l'espèce dans notre pays", assurent encore les ministères. Une espèce protégée tant en France qu'au sein de l'Union européenne.
Ferus, qui se présente comme "l'association nationale qui protège les loups, les ours et les lynx", admet la nécessité de "quelques tirs ponctuels de défense des troupeaux" mais "sous strictes conditions". A savoir : "quand le nombre de loups est assez élevé, et quand toutes les mesures de prévention des attaques et d'effarouchement ont été mises en place et ont échoué". Or, l'association "estime qu'avec une centaine d'individus présents en France (à plus ou moins 30% près), le loup est encore très fragile". Elle craint que dans certains cas, tuer un loup revienne à "éliminer le [prédateur] de tout un massif".
(1) Les départements concernés sont l'Ain, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Drôme, l'Isère, la Savoie, la Haute-Savoie et le Var.
Photo : L'ours Balou découvre son nouveau territoire(DR)
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